Coronavirus: Une saison en enfer pour la scène française



Les gens du spectacle se plaignent rarement. Cela pourrait tuer la magie de la représentation. Mais, après la déprogrammation de presque tous les concerts et festivals en France depuis trois mois et la fermeture de toutes les salles, impossible de nier l’ampleur du marasme. « Oui, la période est très difficile, mais je me concentre sur la préparation d’une offre attractive pour convaincre les spectateurs de revenir dès la rentrée d’automne », confie Jean-Marc Dumontet, producteur et propriétaire de cinq théâtres parisiens.

Toutefois, pour célébrer l’assouplissement des mesures sanitaire le 22 juin, il a décidé de rouvrir tous ses théâtres ce soir-là pour des spectacles uniques. Jacques Weber, Richard Berry et d’autres stars seront sur scène pour un soir, parfois gracieusement. « Pas le temps de créer une communication, une billetterie, nous invitons des personnels soignants. Ce qui compte, c’est de créer l’envie, pas de gagner de l’argent, on n’en est pas encore là », explique Dumontet, également président des Molières. Il a décidé d’organiser une grande cérémonie de remise des statuettes le lendemain, retransmise en direct sur France 2. L’ambiance risque être lunaire pour cette grand-messe du théâtre au moment où les salles sont fermées.

Même si l’on s’efforce de sauver les apparences, ce secteur d’activité déjà largement subventionné est en réalité au bord du gouffre. « Le président de la République a annoncé des aides aux intermittents, début mai, mais on est loin du compte, se désole Angelo Gopee, le directeur général du géant Live Nation, également vice-président du Prodiss, le syndicat des entreprises du spectacle musical et de variété. La crise est arrivée au pire moment pour les tournées, nous allons perdre collectivement 84 % de nos ventes de l’année, soit 1,8 milliard d’euros.  » Une étude du cabinet EY prévoit que « 51 % des entreprises du secteur feront faillite en 2020 ou 2021 sans reprise des spectacles avant la fin de l’année ».

Refus de céder

Côté festivals, le programme de la saison ressemble à une nécrologie : Aix, Bourges, Hellfest, Solidays, les Francofolies, les Vieilles Charrues, Marciac… tous annulés ou repoussés ! Même Rock-en-Seine, qui a cru pouvoir lever le rideau le 1er septembre, avec masques et flacons de gel, a fini par déclarer forfait. Ceux qui n’ont pas encore jeté l’éponge sont dans le flou. Les préfets accordent les autorisations administratives au compte-gouttes. Bien souvent, les contraintes sanitaires provoquent une annulation. « De plus, la programmation avec des artistes étrangers est très compliquée, reconnaît Alexandra Bobès, directrice de France Festival. Les déplacements transnationaux sont incertains. Les musiciens qui ne résident pas en France ont été déprogrammés. »

Plusieurs organisateurs refusent de céder. » Dès le 17 mars, raconte René Martin, organisateur du festival de piano de La Roque d’Anthéron du 1er au 21 août, j’ai cherché à maintenir le festival. La configuration des lieux dans un parc de 10 hectares permet d’éviter que le public qui entre ne croise celui qui sort. » Mais, même pour les spectacles maintenus, la situation financière n’est pas brillante. « La jauge est divisée par cinq ou six », reconnaît Alexandra Bobès.

Si la musique classique s’accommode de la distanciation, pour la musique moderne, il faut imaginer de nouvelles formes. Ainsi, le festival Les Cordes en balade, en Ardèche, du 7 au 19 juillet, a été repensé. Au lieu d’un concert, des brigades musicales sillonneront les rues. Une Fête de la musique où tous les artistes sont des virtuoses. Un régal !

Les gens du spectacle se plaignent rarement. Cela pourrait tuer la magie de la représentation. Mais, après la déprogrammation de presque tous les concerts et festivals en France depuis trois mois et la fermeture de toutes les salles, impossible de nier l’ampleur du marasme. « Oui, la période est très difficile, mais je me concentre sur la préparation d’une offre attractive pour convaincre les spectateurs de revenir dès la rentrée d’automne », confie Jean-Marc Dumontet, producteur et propriétaire de cinq théâtres parisiens.

Toutefois, pour célébrer l’assouplissement des mesures sanitaire le 22 juin, il a décidé de rouvrir tous ses théâtres ce soir-là pour des spectacles uniques. Jacques Weber, Richard Berry et d’autres stars seront sur scène pour un soir, parfois gracieusement. « Pas le temps de créer une communication, une billetterie, nous invitons des personnels soignants. Ce qui compte, c’est de créer l’envie, pas de gagner de l’argent, on n’en est pas encore là », explique Dumontet, également président des Molières. Il a décidé d’organiser une grande cérémonie de remise des statuettes le lendemain, retransmise en direct sur France 2. L’ambiance risque être lunaire pour cette grand-…



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