Le mot de l’éco. Défaillances d’entreprises


Pour le mois d’avril 2020, plus de 900 000 entreprises françaises ont sollicité un remboursement par l’Etat de l’indemnité d’activité partielle mise en place pendant le confinement. (BAPTISTE BOYER, AWA SANE / FRANCEINFO)

Cet indicateur économique, le nombre de défaillances d’entreprises, est précieux pour juger de la santé financière d’un pays, c’est-à-dire en cessation de paiement, quand elles ne peuvent plus faire face à leurs obligations financières, comme payer leurs salariés, leurs fournisseurs et leur loyer. La question évidemment, aujourd’hui, est de savoir combien d’entreprises vont faire faillite à la sortie de la crise sanitaire.

Avec la mise sous cloche de l’économie, les tribunaux de commerce ont été fermés, et surtout les entreprises mises sous perfusion, leur trésorerie préservée avec le chômage partiel, le report des cotisations ou encore les prêts garantis par l’État. Mais une fois la perfusion retirée, combien d’entreprises vont survivre , Plusieurs études se penchent sur la question cette semaine. 

Deux études sont parues cette semaine : une de l’assureur Coface, l’autre de l’Office français des conjonctures économiques (OFCE). Évidemment le nombre de faillites dépendra de la vitesse de la reprise économique, de l’attitude des Français, (comment vont-ils consommer cet été ?) mais globalement, les économistes pensent qu’il y aura beaucoup de casse au second semestre. 21% de défaillances en plus, cette année en France, selon la Coface : c’est davantage que l’Allemagne, où la hausse ne sera que de 12%, mais beaucoup moins que les Pays-Bas, le Royaume-Uni et l’Italie, où le nombre de défaillances d’entreprises devrait augmenter de 37%.

Le nombre d’emplois détruits par toutes ces défaillances sera très conséquent selon l’OFCE : 250 000 d’ici la fin de la l’année. Avec certains secteurs en première ligne : l’hébergement et la restauration, les services aux ménages et la construction. Seront particulièrement touchées les grandes entreprises et  les micro-entreprises, surtout dans le Sud-est et en Île-de-France.  

Le mécanisme de chômage partiel a assurément limité le nombre de faillites. Veut-on aller plus loin ? Certains estiment que ces défaillances sont dans l’ordre des choses, qu’elles permettent un renouvellement sain des entreprises et élimine les canards boiteux.

D’autres, parmi lesquels les économistes de l’OFCE, pensent au contraire qu’il faut tenter de limiter ces défaillances au maximum, en investissant notamment dans les entreprises en difficulté, en leur apportant des fonds propres. Un coût financier qu’ils estiment à huit milliards d’euros au total.  



francetvinfo

A lire aussi

Laisser un commentaire