Anas, l’étudiant qui s’était immolé devant le Crous de Lyon, est sorti de l’hôpital


Après plusieurs mois dans le coma, Anas K. est sorti de l’hôpital dimanche 14 juin, a annoncé le groupe Soutenons Anas et sa famille sur Facebook.

En novembre, le jeune étudiant stéphanois s’était immolé devant le Crous de Lyon pour dénoncer la précarité étudiante. Un geste de désespoir qui avait ému la communauté étudiante, entraînant de nombreuses manifestations et réactions politiques.

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« Depuis son réveil, Anas a fait beaucoup de progrès et son état s’améliore chaque jour. Il a donc pu quitter l’hôpital pour aller en centre de rééducation. C’est une très bonne nouvelle et une étape importante dans son parcours de guérison », précise le message.

Le 30 avril, en plein pendant le confinement, la sœur du jeune étudiant avait posté un message sur le groupe Facebook, indiquant que son frère était réveillé « depuis quelques semaines maintenant ».

« 450 euros par mois, est-ce suffisant pour vivre ? »

« Aujourd’hui, je vais commettre l’irréparable. » Après avoir posté un message de détresse sur Facebook pour dénoncer les difficultés financières auxquelles il faisait face dans sa vie d’étudiant, le jeune homme de 22 ans s’était aspergé d’essence avant de s’immoler devant un bâtiment du Crous le 19 novembre.

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« Cette année, faisant une troisième L2, je n’avais pas de bourse, et quand j’en avais, 450 euros par mois, est-ce suffisant pour vivre ? », écrivait-il. En « triplant » son année, Anas avait perdu sa bourse ainsi que son logement en résidence.

Dans son texte, l’étudiant avait explicitement fait part de la portée politique de son geste. « Si je vise donc le bâtiment du Crous à Lyon, ce n’est pas par hasard, je vise un lieu politique, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et, par extension, le gouvernement », écrivait-il.

Forte mobilisation étudiante

La semaine suivant le drame, une vague de mobilisation d’étudiants avait gagné de nombreuses universités de France.

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Témoignant de la colère de nombreux jeunes, les rassemblements avaient perturbé les cours sur des campus de Paris, Lyon et Lille. A la faculté de droit de Lille, une conférence de François Hollande avait notamment dû être annulée.





nouvelobs

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