Marine Le Pen s’est rendue sur l’île de Sein pour la cérémonie du 18-Juin… avec un peu d’avance


Un déplacement qui faisait grincer des dents, et qui a obligé la cheffe du Rassemblement national (RN) à anticiper sa venue. Fraîchement convertie au gaullisme, Marine Le Pen a voulu se rendre sur l’île de Sein, en Bretagne, pour les 80 ans de l’appel du 18-Juin, ce jeudi. Problème : sa venue était contestée par les habitants et les autorités locales, qui avaient décalé les commémorations d’une heure afin qu’elle ne soit pas présente.

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L’objectif était simple : en avançant la commémoration à 9 heures ce jeudi 18 juin, Marine Le Pen, qui devait arriver à 10 heures, manquerait la cérémonie.

Mais c’était sans compter sur la pugnacité de la figure du RN : annoncée jeudi, Marine Le Pen s’est rendue sur l’île dès le mercredi 17 juin. A peine descendue du Zodiac, elle a été accueillie sous les huées d’une dizaine d’habitants qui avaient été alertés de son arrivée. « C’est une honte ! Une provocation ! », ont scandé des habitants, rapporte « le Parisien ».

Une action en justice contre le préfet ?

La présidente du RN a prononcé un bref discours au monument des Forces navales françaises libres de l’île, puis a déposé une gerbe qui a rapidement été enlevée et piétinée, avant de réembarquer pour le continent deux heures plus tard.

Pendant son rapide discours, la cheffe du Rassemblement national a fait part de son regret de ne pas avoir pu participer à la commémoration et a dénoncé une action des « milices d’extrême gauche, dit “antifa” », qui « de manière systématique empêchent la démocratie de fonctionner ».

Devant l’hostilité du maire et d’habitants de l’île de Sein, Marine Le Pen ne décolère pas et affirme sa volonté d’interpeller le Premier ministre et d’envisager « une action en justice » contre le préfet, précise nos confrères de Franceinfo. Elle dénonce notamment « une grave dérive constitutionnelle », un « abus de pouvoir ».

Le RN revendique aujourd’hui l’héritage gaulliste

L’annonce de la venue de Marine Le Pen, pour saluer la mémoire des 128 Sénans qui avaient embarqué pour l’Angleterre à la suite de l’appel du général de Gaulle, avait été mal accueillie par le maire, Didier Fouquet, qui déclarait à l’AFP : « On nous vole un peu la cérémonie. » Il l’accuse également de vouloir « récupérer des images, des symboles ».

Alors que tout le monde se revendique de De Gaulle, revenons à l’histoire

En effet, le FN (devenu RN) a longtemps été dans une opposition farouche à de Gaulle et à son héritage politique. « Notre parti s’est construit sur le refus de l’abandon de l’Algérie française et ça reste évidemment une cicatrice », avait expliqué dimanche 14 juin Marine Le Pen, dans une référence à l’indépendance de l’Algérie actée alors que Charles de Gaulle était à l’Elysée, en 1962. « Mais au-delà de cela, il y a une vision gaullienne de la France » et « tout ce que le général de Gaulle a fait pour que notre pays soit souverain, soit indépendant, soit puissant », saluait-elle.

« Quatre-vingts ans après cette illustre journée du 18-Juin, nous avons tenu à honorer celui qui prononça cet appel à la liberté qui exhorta le peuple abattu au sursaut », a-t-elle affirmé mercredi 17 juin dans son bref discours.

Citant en exemple sa défense de l’indépendance de la France, la candidate estime désormais que le RN est le véritable héritier des valeurs de De Gaulle.





nouvelobs

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