Brexit: L’UE prête à un accord, mais pas à n’importe quel prix



BRUXELLES (Reuters) – Les dirigeants européens sont convenus d’accélérer leurs négociations avec la Grande-Bretagne pour parvenir à un accord post-Brexit avant la date fatidique du 31 décembre 2020 mais cet accord ne se fera pas à n’importe quel prix, a prévenu Bruxelles vendredi.

« Nous devons surmonter de grandes divergences », a averti la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à l’issue d’un sommet européen en visioconférence.

« Le temps presse cependant et même si nous trouvons un accord, il y aura de nombreux changements dans notre relation avec le Royaume-Uni, pour les particuliers, les entreprises, les administrations », a déclaré la cheffe de l’exécutif européen.

Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen Charles Michel, qui se sont entretenus lundi avec le Premier ministre britannique Boris Johnson, ont évoqué rapidement la question du Brexit au début de la réunion en visioconférence, « pour rappeler notre volonté de trouver un accord, notre disponibilité à intensifier les négociations notamment au mois de juillet », a fait savoir l’Elysée.

Ils ont aussi souligné « l’impératif de rester fermes et unis sur les principes qui sont dans le mandat de notre négociateur Michel Barnier sur la question de la pêche et des conditions de concurrence équitables », a ajouté une source à la présidence française.

Le Royaume-Uni a officiellement quitté l’Union européenne le 31 janvier mais reste soumis aux règles communautaires pendant une période de transition qui court jusqu’à la fin de l’année, le temps que les deux parties s’entendent sur leur relation future et évitent le « saut dans le vide » d’un Brexit brutal.

Lors d’une conférence de presse à Berlin, la chancelière Angela Merkel a insisté sur la nécessité de parvenir à un accord post-Brexit dès l’automne, afin de ménager un délai pour la ratification du texte avant la fin de l’année.

« Nous avons reconnu que les négociations doivent s’accélérer (…) pour qu’il y ait un accord cet automne, car il faudra encore que l’accord soit ratifié par les deux parties », a-t-elle observé.

Face à l’absence de progrès constatée jusqu’ici sur les deux dossiers majeurs que sont la pêche et les conditions de libre concurrence, la possibilité d’un échec des négociations et d’une sortie sans accord des Britanniques en 2021 reste envisagée.

« Je n’exclus rien », avait déclaré vendredi matin la secrétaire d’Etat française aux Affaires européennes Amélie de Montchalin sur Europe 1 alors qu’elle était interrogée sur l’éventualité d’un « no deal », en estimant qu’une telle issue serait plus pénalisante pour les Britanniques que pour les Européens.

(Gabriela Baczynska et John Chalmers, avec Marine Pennetier à Paris, Paul Carrel à Berlin; version française Jean-Stéphane Brosse)



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