Manuel Valls donne une interview à « Valeurs Actuelles » pour déplorer « la guerre entre races »


Après Emmanuel Macron en octobre dernier, c’est au tour de Manuel Valls de s’afficher dans « Valeurs actuelles ». L’ancien Premier ministre socialiste de François Hollande a accordé un entretien au très conservateur hebdomadaire, où il revient notamment sur le mouvement planétaire né après la mort de George Floyd aux Etats-Unis. « La lutte des classes disparaît au profit de la guerre entre races », estime-t-il ainsi, déplorant l’émergence d’une « logique de la victimisation ».

Revenant sur les manifestations contre les violences policières des 2 et 13 juin, il affirme : « La mort d’Adama Traoré est un drame », qui est « instrumentalisé par (sa) soeur, Assa, et le collectif de soutien ».

« J’établis évidemment une distinction entre les organisateurs de (ces) manifestations et ceux qui s’y rendent en toute bonne foi, qui sont indignés par le racisme et veulent le dénoncer. C’est un mouvement planétaire qui est plutôt sain », ajoute-t-il.INFO OBS. La famille d’Adama Traoré réclame à nouveau une reconstitution des faits

Un « cocktail explosif »

Mais « les comparaisons avec le meurtre raciste et ignoble de George Floyd sont inacceptables car elles servent à accuser la France d’être raciste, à démontrer un supposé racisme d’Etat. […] La police, comme la gendarmerie, est profondément républicaine », soutient l’ancien ministre de l’Intérieur et candidat à la mairie de Barcelone.

Selon lui, « cette logique de la victimisation est renforcée grâce aux liens entre le mouvement indigéniste et une partie de la gauche : le NPA, des écologistes, une frange de La France insoumise, du PC, voire une minorité du Parti socialiste ».

Pour Manuel Valls, « la lutte des classes disparaît au profit de l’affrontement, de la guerre entre races. Cette guerre est terrible, car elle essentialise en fonction de la couleur de peau. Elle s’agrège mais elle est aussi en concurrence avec l’islam politique. C’est un cocktail explosif ».Comité Adama vs SOS Racisme : la querelle des antiracistes

« Je ne partage pas tout à fait cette analyse. Ces propos lui appartiennent et je ne les commenterai pas plus avant », a réagi à l’issue du conseil des ministres la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, qui a relancé ce week-end le débat sur les statistiques ethniques.

« Je ne demande rien, je reste attentif »

Interrogé sur RTL, le premier secrétaire du PS Olivier Faure s’est, lui, dit « consterné par cette phrase » de l’ancien chef du gouvernement. « Comment peut-on dire cela? », s’offusque Olivier Faure, pour qui la « question sociale est aujourd’hui centrale et on ne peut pas dire qu’elle a été remplacée par une guerre des races ».

« Je ne connais qu’une seule race, c’est la race humaine », et « c’est une thèse qui est habituellement portée par l’extrême droite donc je ne vois pas très bien où il veut en venir », a encore critiqué le député de Seine-et-Marne.SOS police, Beauvau ne répond plus

Manuel Valls estime également que « l’idée de l’existence d’un privilège blanc est absurde et dangereuse. Il n’est pas question de nier qu’il est plus facile d’être blanc que noir dans certains pays ou quartiers. La faute à qui ? Au racisme, aux discriminations, aux inégalités… C’est une question d’égalité et de droits, pas de privilège ». « Notre seule réponse, c’est la République. Pas une addition de communautés », affirme-t-il également.

Interrogé sur une entrée éventuelle au gouvernement, Manuel Valls, aujourd’hui conseiller municipal de Barcelone, répond : « Je ne demande rien. Je reste attentif à ce qui se passe en France ».





nouvelobs

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