L’ex-policier qui a abattu Rayshard Brooks à Atlanta inculpé pour « meurtre »


Un ancien policier blanc a été inculpé de « meurtre » mercredi 17 juin, cinq jours après avoir abattu un jeune homme noir à Atlanta, un drame qui a ravivé les appels à réformer les forces de l’ordre aux Etats-Unis, extrêmement pressants depuis la mort de George Floyd.

« M. Brooks ne représentait pas une menace »

Vendredi dernier à Atlanta (Géorgie), un nouveau drame a ravivé la colère en plein contexte de manifestations massives contre le racisme : Rayshard Brooks, un père de famille noir âgé de 27 ans a été tué de deux balles dans le dos par un agent blanc qui voulait l’arrêter pour ébriété sur la voie publique.

DOSSIER. La mort de George Floyd embrase l’Amérique

Immédiatement licencié de la police, Garrett Rolfe, 27 ans, a été inculpé mercredi pour « meurtre », un chef passible de la peine de mort dans l’Etat de Géorgie. Un collègue présent sur les lieux, Devin Brosnan, fait l’objet de poursuites pour « agression » et des mandats d’arrêt ont été émis à leur encontre.

« Nous avons conclu qu’au moment de sa mort, M. Brooks ne représentait pas une menace immédiate de mort ou de blessures graves pour les agents », a justifié le procureur du comté de Fulton, Paul Howard, lors d’une conférence de presse.

Un coup de pied asséné à la victime à terre

Les deux policiers avaient été appelés par les employés d’un restaurant de fast-food parce que Rayshard Brooks s’était endormi au volant de son véhicule et bloquait l’accès au drive-in. A leur arrivée, il s’était montré « cordial », « coopératif », selon le procureur, mais la situation avait dégénéré après plus de 40 minutes quand les policiers avaient voulu l’interpeller.

Les images de l’incident, rendues publiques dimanche par la police, montrent une lutte entre les agents et le suspect, qui réussit à s’emparer du pistolet Taser de l’un des policiers et prend la fuite. Mais alors que le Bureau d’enquête de l’Etat de Géorgie affirme que Rayshard Brooks « s’est retourné et a pointé le Taser vers l’agent qui a utilisé son arme », les images montrent que le suspect a le dos tourné au policier quand il est blessé par balles.

L’heure de la révolte face aux violences policières

Une vidéo a également révélé que le policier avait donné un coup de pied à sa victime une fois celle-ci à terre. Cela « ne reflète pas un sentiment de peur envers M. Brooks, mais une autre sorte d’émotion », a commenté Paul Howard.

Le procureur s’est tout de même félicité d’un fait « remarquable » : le deuxième agent a accepté de coopérer avec la justice et de témoigner contre Garrett Rolfe, ce qui est très rare dans ce type de dossier. L’avocat de la veuve de Rayshard Brooks l’a remercié pour son « courage ». « Ce sont ce type d’agents qui feront changer la police », a déclaré Me Chris Stewart.

Un timide projet de loi contre les violences policières

Sous la pression de la rue, les initiatives se multiplient au niveau local, à Washington et même à l’ONU, pour s’attaquer aux violences policières qui visent de manière disproportionnée la population afro-américaine. Après un timide décret du président Donald Trump, les sénateurs républicains ont présenté mercredi un projet de loi qui s’attaque aux « clés d’étranglement » et à la formation des agents de police, sans toucher à la large immunité dont ils bénéficient depuis des années.

Pourquoi la mort de George Floyd réveille enfin l’Amérique

Or, l’absence de poursuites contre les policiers en cas d’abus de leur force est l’un des principaux griefs mis en avant par les foules qui manifestent dans tous les Etats-Unis depuis qu’un policier blanc a asphyxié George Floyd, un quadragénaire noir, le 25 mai à Minneapolis.

Sans mentionner les Etats-Unis, la Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Michelle Bachelet, a dénoncé « le racisme systémique » et appelé à « faire amende honorable » pour des siècles d’oppression des populations noires, avec « des excuses officielles » et des « réparations ».





nouvelobs

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