Philippe restera à Matignon s’il est élu… mais évoque un retour anticipé au Havre


Edouard Philippe privilégiera bien son poste de Premier ministre à celui de maire du Havre s’il est élu le 28 juin – il a enfin tranché – tout en admettant qu’il pourrait être de retour dans son fief « beaucoup plus tôt » que la fin du quinquennat, a-t-il déclaré au quotidien local « Paris Normandie » dans un entretien paru ce mardi 16 juin.

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« J’entends bien redevenir maire dès lors que je ne serai plus Premier ministre », a confirmé Edouard Philippe.

Philippe « loyal »

Une déclaration faite à 12 jours du second tour, alors que se profile un important remaniement gouvernemental qui semble mettre en balance le sort d’Edouard Philippe après trois ans aux fonctions. La semaine dernière, la fuite d’une note de Gilles Le Gendre sur un remaniement ministériel a semé le trouble dans la majorité.

Si Emmanuel Macron pense « que je dois continuer ma mission à Matignon, j’assumerai mes responsabilités », a ajouté Edouard Philippe. Le chef de l’Etat « sait qui je suis, ce que j’incarne, ce que je peux faire et ce que je ne peux pas faire. S’il pense que quelqu’un d’autre est plus utile, je respecterai son choix en toute loyauté », a-t-il encore assuré. « Donc, je vous le dis : si les électeurs me font confiance, je serai de retour au Havre. Au plus tard en mai 2022, mais peut-être beaucoup plus tôt », a-t-il résumé dans un entretien au quotidien normand.

Une campagne « adaptée » pour la crise

Edouard Philippe n’a donc pas dévié de la ligne qu’il avait édictée il y a quatre mois et demi, en se déclarant candidat tête de liste dans son port d’attache où il avait été élu au premier tour en 2014.

Edouard Philippe, le coriace qui ne compte pas céder sa place

Durant les prochains jours de campagne, il restera « Premier ministre à plein temps, c’est l’évidence, surtout dans les circonstances actuelles », a-t-il assuré, précisant avoir « adapté [s]on programme pour tenir compte du nouveau contexte de crise ».

Egratignant les « accords de partis » et « négociations d’appareils » de son adversaire communiste, qui sera notamment soutenu en personne par le chef de file des Insoumis Jean-Luc Mélenchon vendredi, Edouard Philippe a affirmé avoir de « la chance de ne pas être membre d’un parti politique » pour ne pas se « préoccuper de ce genre de choses pour composer [s]a liste ».

Arrivé en tête du premier tour le 15 mars dernier avec 43,6 % des voix, devant son concurrent communiste Jean-Paul Lecoq (35,88 %), il a depuis été à la manœuvre dans la crise épidémique, engrangeant au passage une forte hausse de sa popularité au niveau national. Un sondage de l’Ifop paru la semaine passée le crédite de 53 % d’intentions de vote, contre 47 % à Jean-Paul Lecoq, mais l’inconnue de l’abstention fait peser une forte incertitude.





nouvelobs

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