Michaël Taylor, barbouze sulfureux de Carlos Ghosn



Michael Taylor terminera-t-il sa carrière de barbouze à Tokyo ? C’est le destin inattendu qui se profile peut-être pour l’homme considéré comme le cerveau de la rocambolesque exfiltration de Carlos Ghosn du Japon le 30 décembre dernier. Cet Américain et son fils Peter, appréhendés à leur domicile de Harvard (Massachussets) le 20 mai, croupissent désormais dans un centre de détention de Boston en attendant qu’un juge statue sur une demande d’extradition déposée par le Japon. Lundi, ses avocats ont déposé leurs arguments, mélange d’arguments juridiques et de rappels des plus glorieux faits d’armes de leur client. Car si Michaël Taylor est  » connu des services de police « , comme dit l’expression, il l’est autant favorablement que défavorablement.

Forces spéciales

Il est quasiment militaire de sang, puisqu’il s’enrôle dans l’armée américaine en suivant son beau-père à la fin de sa scolarité. Il y intègre vite les forces spéciales. En 1983, il est envoyé au Liban pour prêter main forte aux milices chrétiennes, à l’époque en position de faiblesse. Un an plus tôt, le président, lui-même chrétien, Bachir Gemayel, a été assassiné. Dans ces années chaudes, il noue une relation indéfectible avec le pays du Cèdre. Il y rencontre sa future épouse Lamia, mère de son fils Peter, et George Zayek, le troisième larron de l’exflitration de Carlos Ghosn. Michaël Taylor quitte l’armée vers 1984 et se met à son compte. En 1994 il fonde enfin son entreprise de sécurité : AISC, pour American International Security Corporation. S’ensuit une riche carrière de barbouze tous-terrains où, selon sa chronique dans la presse américaine, Michaël Taylor sert alternativement les  » bons  » et les  » méchants « . Parmi les premiers : Lucy Kolb, une Américaine, et ses trois enfants, qu’il parvient à rapatrier aux États-Unis après qu’ils aient fui en Syrie un chef de famille  » violent  » au Liban. Ou bien le gouvernement américain, qui mettra la main grâce à lui sur deux tonnes de haschish en provenance du Moyen-Orient. Ou même le New York Times, qui fit appel à ses services pour tirer d’affaire un de ses journalistes pris en otage par les talibans au Pakistan.

Liberté sous caution

Parmi les « méchants » : lui et ses associés, condamnés par un tribunal américain pour avoir obtenu un appel d’offres illégalement. L’affaire lui vaudra 19 mois derrière les barreaux, selon le Wall Street Journal. Surtout, s’estimant injustement condamné, ce séjour en prison fera naître chez lui un profond sentiment d’injustice, qui résonnera en lui quand il entendra parler de… Carlos Ghosn. Dans une interview au site « Connectingvets » juste après l’exfiltration de ce dernier, Michaël Taylor se garde bien d’avouer le moindre rôle dans l’opération (bien que les caméras des services d’immigration japonaise l’aient filmé sortant du Japon avec la fameuse malle dans laquelle voyageait son célèbre paquet). Mais il se scandalise de son traitement à micro ouvert : « le fait est que le gars était otage, point final ! » Une rumeur tenace veut qu’il ait vraiment tiré Carlos Ghosn de ce mauvais pas pour l’honneur, qu’il n’a presque pas reçu d’argent… Sûr de son bon droit, au mépris du mandat d’arrêt du Japon à son encontre, de la convention d’extradition entre le Japon et les Etats-Unis, Michaël Taylor coulait en tout cas des jours tranquilles en territoire américain depuis mars, de retour du Liban dans sa maison du Massachussetts. Au point que ses avocats plaident, pour arracher la liberté sous caution de cet invétéré baroudeur, que sa probité l’empêchera de s’envoler ailleurs : jamais ce patriote n’a fui une convocation de justice, arguent-ils. Ironie du sort : si la demande d’extradition est exaucée, il échouera avec son fils Peter Taylor dans une prison… nippone. Mais quel homme serait assez audacieux pour le tirer à son tour de l’Archipel ? Qui pourrait à son tour, répéter le tour de la « malle magique » ? Pas Carlos Ghosn en tout cas.

Michael Taylor terminera-t-il sa carrière de barbouze à Tokyo ? C’est le destin inattendu qui se profile peut-être pour l’homme considéré comme le cerveau de la rocambolesque exfiltration de Carlos Ghosn du Japon le 30 décembre dernier. Cet Américain et son fils Peter, appréhendés à leur domicile de Harvard (Massachussets) le 20 mai, croupissent désormais dans un centre de détention de Boston en attendant qu’un juge statue sur une demande d’extradition déposée par le Japon. Lundi, ses avocats ont déposé leurs arguments, mélange d’arguments juridiques et de rappels des plus glorieux faits d’armes de leur client. Car si Michaël Taylor est  » connu des services de police « , comme dit l’expression, il l’est autant favorablement que défavorablement.

Forces spéciales

Il est quasiment militaire de sang, puisqu’il s’enrôle dans l’armée américaine en suivant son beau-père à la fin de sa scolarité. Il y intègre vite les forces spéciales. En 1983, il est envoyé au Liban pour prêter main forte aux milices chrétiennes, à l’époque en position de faiblesse. Un an plus tôt, le président, lui-même chrétien, Bachir Gemayel, a été assassiné. Dans ces années chaudes, il noue une relation indéfectible avec le pays du Cèdre. Il y rencontre sa future épouse Lamia, mère de son fils Peter, et George Zayek, le troisième larron de l’exflitration de Carlos Ghosn. Michaël Taylor quitte l’armée vers 1984 et se met à son compte. En 1994 il fonde enfin son entreprise de sécurité : AISC, pour American International Security Corporation. S’ensuit une riche carrière de barbouze tous-terrains où, selon sa chronique dans la presse américaine, Michaël Taylor sert alternativement les  » bons  » et les  » méchants « . Parmi les premiers : Lucy Kolb, une Américaine, et ses trois enfants, qu’il parvient à rapatrier aux États-Unis après qu’ils aient fui en Syrie un chef de famille  » violent  » au Liban. Ou bien le gouvernement américain, qui mettra la main grâce à lui sur deux tonnes de haschish en provenance du Moyen-Orient. Ou même le New York Times, qui fit appel à ses services pour tirer d’affaire un de ses journalistes pris en otage par les talibans au Pakistan.



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