Le Taser va-t-il être généralisé dans la police pour remplacer la technique d’étranglement ?


Selon les informations de nos confrères du « Parisien » et de « BFMTV », le ministère de l’Intérieur doit annoncer cette semaine aux syndicats de police la généralisation de l’usage du pistolet à impulsion électrique (PIE) ou Taser. Une évolution destinée, entre autres, à compenser l’abandon de la méthode d’interpellation dite de « l’étranglement », annoncé par Christophe Castaner lundi.

Pas assez de Taser

Selon le dernier rapport de l’IGPN, publié en début de semaine, l’utilisation du Taser serait d’ailleurs déjà en augmentation de 30 % en 2019 avec 2 350 utilisations, soit six tirs par jours.

« Le Taser est une arme intermédiaire qu’on utilise dans des conditions réglementaires, et généralement pour des interpellations », s’est défendu Laurent Nuñez, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur, ce mercredi 10 juin, sur Europe 1. Il a évoqué une « une arme intermédiaire très utile (afin de) procéder à des interpellations sans contact, et qui protège les policiers ».« On va demander à un individu de se laisser menotter, et s’il est récalcitrant, c’est une façon de le neutraliser sans aller au contact […] C’est une alternative à d’autres types d’armes, ou au contact physique. »

Mais la généralisation de ce nouveau moyen d’interpellation pourrait se heurter rapidement à plusieurs problèmes structurels, rappelle le « Parisien ». Parmi eux, la formation : une généralisation du port du Taser par les policiers devra nécessairement passer par une formation accélérée de l’ensemble des effectifs, voire un enseignement du maniement du Taser dès l’école de police – cette arme nécessitant une habilitation supplémentaire de chaque policier qui en est équipé. Autre difficulté : en l’état, le pistolet à impulsion électrique, non létal, serait en nombre largement insuffisant pour équiper l’ensemble des effectifs. Seulement 15 000 pistolets pour 240 000 policiers et gendarmes.

Les syndicats de police « dubitatifs »

De quoi laisser les syndicats de police « dubitatifs ». « On est dubitatifs sur l’ensemble des déclarations du ministre et notamment sur la suppression de la technique d’étranglement », a déclaré le délégué national du syndicat des gardiens de la paix, Alliance, Frédéric Lagache.

« Sinon, on en sera réduits au combat de rue ou à l’utilisation du Taser. »

Yves Lefebvre, secrétaire général du syndicat Unité-SGP-Police, s’interroge également : « Si quelqu’un refuse de se faire interpeller et si on n’a plus la clé d’étranglement, qu’est-ce qu’on fait ? »

« Le ministre aurait dû nous informer avant. Si jeudi [date de la réunion entre M. Castaner et les syndicats à Beauvau, NDLR], on nous dit qu’on la remplace par une meilleure technique d’intervention, on sera preneurs. Mais il faudra des mois, voire des années avant que tout le monde y soit formé. »





nouvelobs

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