Jugé raciste, « Autant en emporte le vent » est temporairement retiré du catalogue de HBO Max


L’œuvre de Victor Fleming est de nouveau dans la tourmente. En plein mouvement de protestation contre le racisme et les violences policières visant les Noirs aux Etats-Unis, le film « Autant en emporte le vent », adaptation du mythique roman de Margaret Mitchell, a été retiré de la plateforme de streaming HBO Max.

Pour HBO Max, maintenir ce film dans son catalogue « sans explication et dénonciation de cette représentation aurait été irresponsable ». La plateforme américaine prévoit ainsi de remettre le film en ligne plus tard, mais avec une contextualisation afin de resituer l’œuvre dans son époque.

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Un retrait temporaire

Le film sera, lui, présenté dans son intégralité, car procéder autrement reviendrait à « faire comme si ces préjugés n’avaient jamais existé », a indiqué un porte-parole de HBO Max à l’AFP.

Un retrait temporaire qui divise. Sur Twitter, la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA) déplore : « Ceux qui veulent censurer #AutantEnEmporteLeVent #GoneWithTheWind exigeront-ils aussi qu’on retire à l’éblouissante Hattie McDaniel son oscar, le premier attribué à une actrice afro-américaine, pour son rôle dans ce film magistral ? »

Au contraire, d’autres voient en ce retrait une prise de hauteur et un recul nécessaire : « Des gens, sans réfléchir parlent de censure, de délire idéologique… Sans comprendre qu’on veut juste diffuser le film avec une contextualisation pour qu’on comprenne qu’il faut avoir du recul avant de le voir », commente un internaute, avant d’ajouter qu’il est important d’« avoir du recul avant de voir une œuvre ».

Une polémique qui n’est pas nouvelle

80 ans après sa sortie, l’œuvre de Victor Fleming fait polémique et est qualifiée de « révisionniste » par des universitaires américains. Le film présente une version romantique du Sud et une vision très édulcorée de l’esclavage, avec notamment du personnel de maison dépeint comme satisfait de son sort et traité comme des employés ordinaires.

L’Amérique, raciste pour l’éternité ?

Cette réinterprétation d’une période sombre de l’histoire américaine est l’œuvre de mouvements très organisés dans les anciens Etats confédérés, qui se sont attachés à montrer le Sud d’avant la guerre de Sécession sous un jour présentable.

Point fondamental, l’idéologie de la « Lost Cause » (cause perdue) soutenait que les Etats du Sud s’étaient battus pour leur indépendance politique, menacée par le Nord, et non pour le maintien de l’esclavage, ce qui est une contre-vérité historique.





nouvelobs

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