Cafu : "Zidane était génial"



  • Cafu fête ses 50 ans ce dimanche
  • Le double champion du monde se confie à FIFA.com
  • Il évoque Ronaldo, Ronaldinho, Neymar ou encore Zidane

L’Express a désormais un demi-siècle. Le joueur le plus capé de l’histoire de la sélection brésilienne, qui a soulevé le plus convoité des trophées à l’issue de Corée/Japon 2002, fête aujourd’hui ses 50 ans. Cafu reste par ailleurs le seul homme à avoir disputé trois finales de la Coupe du Monde de la FIFA™.

FIFA.com a rencontré l’ancien latéral pour évoquer en sa compagnie la trajectoire de quelques grands noms du football moderne comme Romario, Ronaldo, Ronaldinho, Zinédine Zidane, Neymar ou encore Trent Alexander-Arnold. Nous lui avons également demandé d’imaginer ce qu’aurait pu être sa carrière s’il était resté milieu offensif, mais nous avons aussi voulu savoir si le métier d’entraîneur l’attirait.

Vous n’avez fait que deux petites apparitions, en tant que remplaçant durant États-Unis 1994, avant de vous retrouver au marquage de Roberto Donadoni, 21 minutes après le coup d’envoi de la finale. À quoi avez-vous pensé quand Carlos Alberto Parreira vous a annoncé que vous alliez entrer en jeu ?

J’étais triste pour Jorginho, mais j’étais aussi fou de joie à l’idée de disputer une finale de Coupe du Monde. C’était un moment sensationnel. J’étais prêt. Je m’étais préparé mentalement et physiquement à disputer cette finale, au cas où on aurait besoin de moi.

Qu’avez-vous ressenti en devenant champion du monde ?

C’était un bonheur immense. J’ai eu le sentiment d’un devoir accompli. J’étais devenu un champion. Nous sommes rentrés à l’hôtel et nous avons tous fêté ce titre. Certains étaient en famille, d’autres avec des amis. Certains sont sortis pour dîner, d’autres sont allés dans des bars. Nous étions tous ivres de joie. C’était fabuleux.

Qui était le joueur brésilien le plus important en 1994 ?

Toute l’équipe a bien joué. Si nous avons gagné, c’est parce que nous avons su former une véritable équipe. Mais je dois dire que Taffarel était très, très fort. Il a été brillant tout au long de la compétition et il a arrêté un penalty en finale. C’était lui, le pilier de l’équipe, à mes yeux. Aldair et Marcio Santos ont très bien joué aussi ; Romario et Bebeto ont marqué beaucoup de buts mais, pour moi, Taffarel était un cran au-dessus.

En 1997, Romario et Ronaldo ont inscrit 34 buts avec le Brésil. Sous leur impulsion, la Seleçao a remporté la Copa America et la Coupe des Confédérations de la FIFA. Quel souvenir gardez-vous de ce duo ?

Ils formaient l’une des meilleures paires de l’histoire du football. Ça ne fait aucun doute. Individuellement, ils étaient extraordinaires mais, de plus, ils fonctionnaient parfaitement ensemble.

La France l’a emporté en finale de la Coupe du Monde 1998, mais le résultat aurait-il été différent si vous aviez rejoué plusieurs fois ce match ?

Si nous nous étions affrontés dix fois, la France et le Brésil auraient gagné cinq fois chacun. Les deux équipes ont montré de très belles choses pendant ce tournoi. Les deux finalistes possédaient d’énormes qualités. Il y avait du talent à tous les postes, plus quelques individualisés capables de faire la différence sur une action.

On peut certainement placer dans cette dernière catégorie Zinédine Zidane, qui a brisé les rêves du Brésil à deux reprises en Coupe du Monde. Que pensez-vous de lui ?

Physiquement et techniquement, c’est l’un des meilleurs joueurs que j’ai rencontrés. Il possédait une vision du jeu hors du commun. Sa capacité à penser, à réagir et à improviser plus vite que tout le monde était impressionnante. Il se plaçait toujours de façon très intelligente sur le terrain. Il était génial.

Au moment d’entrer dans le vestiaire avant la finale de Corée/Japon 2002, avez-vous réussi à chasser totalement France 1998 de votre esprit ?

Franchement, nous n’y pensions plus du tout. Notre professionnalisme a pris le dessus. Nous avions de l’expérience et nous étions totalement concentrés sur l’Allemagne.

Qu’avez-vous ressenti en soulevant le Trophée ?

C’était magique ! Quelle expérience ! Quelle joie d’avoir accompli notre mission ! Je n’ai pas de mots pour vous dire ce que j’ai ressenti sur l’instant, en sachant que toute la planète me voyait soulever ce trophée. J’étais heureux à l’idée que tous mes proches étaient certainement ravis. Après tout, on ne devient pas champion du monde tous les jours.


Cafu

Brazil celebrate as Cafu lfts the trophy

Cafu at the Home of FIFA

Cafu

Cafu arrives for The Best FIFA Football Awards

Cafu poses with artists at Palace Square

Cafu, Qatar 2022 Ambassador

Avant Corée/Japon 2002, Ronaldo est resté pratiquement deux ans sans jouer. Vous attendiez-vous vraiment à le voir évoluer à ce niveau ?

Il récupérait toujours très bien de ses blessures. Nous n’avons jamais douté de lui. C’était l’un des plus grands footballeurs de tous les temps, un joueur comme on n’en voit qu’un par génération. Un phénomène. Son surnom résume parfaitement le joueur qu’il était.

Au début de votre carrière, vous avez joué milieu offensif. À quoi aurait ressemblé votre parcours, si vous étiez resté à ce poste ?

(rires) Aucune idée ! Mais je serais curieux de le savoir. Je serais peut-être devenu le meilleur joueur du monde, mais peut-être aussi que je n’aurais pas connu autant de succès. En tout cas, j’aimais beaucoup évoluer au milieu. Les milieux de terrain sont toujours à proximité du but adverse et ils participent à toutes les phases de jeu.

On dit souvent que Trent Alexander-Arnold vous ressemble. Qu’en pensez-vous ?

C’est un excellent joueur, qui possède un talent unique. S’il continue sur sa lancée, il sera bientôt considéré comme l’un des meilleurs footballeurs du monde. Il a une belle technique et beaucoup d’atouts dans son jeu. On dirait un Brésilien ! J’adore le voir jouer. Il a en outre la chance d’évoluer dans une belle équipe, ce qui ne peut que l’aider.

En Italie, vous étiez surnommé Il Pendolino [le nom d’un train grande vitesse italien] D’où vous venaient cette énergie et cette endurance ?

Je dois d’abord vous dire que j’ai toujours pris du plaisir sur le terrain. J’aime le football. J’aime ce que je fais. Quand on s’amuse, tout devient plus facile. Ensuite, j’ai beaucoup travaillé ma condition physique. Je voulais réaliser mon potentiel en tant que footballeur, mais aussi repousser mes limites physiquement.

Quel adversaire vous a donné le plus de fil à retordre, dans votre carrière ?

Ronaldinho Gaucho. Il était imprévisible. Il pouvait faire des choses que personne n’aurait imaginées. Il était pratiquement impossible à marquer.

Lionel Messi et Cristiano Ronaldo dominent individuellement depuis plus d’une décennie. Selon vous, qui est le meilleur des deux ?

Là, nous parlons de deux géants du football mondial. Ils sont au sommet depuis 15 ans. Franchement, difficile de les départager. Ils sont tous les deux exceptionnels.

Qui pourrait leur succéder, d’après vous ?

Neymar. Je crois qu’il a toutes les qualités requises pour devenir le meilleur joueur de la planète.

Pensez-vous que le Brésil sera en mesure de soulever à nouveau le Trophée suprême à l’issue de Qatar 2022 ?

Oui. Je suis toujours optimiste quand on parle de la Seleçao. Je suis certain que le Brésil va faire un beau parcours. Nous avons Neymar et beaucoup d’autres très bons joueurs d’expérience, auxquels il faut ajouter des jeunes talentueux.

Pour finir, avez-vous envisagé de devenir entraîneur ?

Oui, peut-être après 2022. Je suis ambassadeur de Qatar 2022, ce qui signifie que je suis pris jusqu’à la fin du tournoi. Mais ensuite, c’est une possibilité à laquelle je réfléchirai. Rien n’est décidé. J’aimerais faire profiter les autres de l’expérience que j’ai accumulée au cours de toutes ces années dans le football.



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