Quand James Baldwin annonçait le « feu » anti-raciste qui embrase les Etats-Unis



S’il fut un temps prêcheur, James Baldwin ne s’est jamais proclamé prophète. Et pourtant. Pourtant, aujourd’hui, en 2020, dans un monde où George Floyd, citoyen américain, meurt asphyxié sous le corps d’un policier blanc simplement parce qu’il est noir ; dans un monde où des milliers de personnes descendent dans les rues de France, en mémoire d’Adama Traoré, pour demander que la justice s’applique de la même manière à chacun, quelle que soit sa couleur de peau, les mots de l’écrivain new-yorkais, ceux qu’il écrivit dans les années 1960, sonnent non comme des oracles, mais comme des avertissements.

« La prochaine fois, le feu », par Abdourahman Waberi

Né en 1924 à Harlem, fils de pasteur, Baldwin a rompu très jeune avec sa famille, mais aussi avec son pays. En 1948, il s’exile en France pour fuir le racisme des Etats-Unis. Noir, homosexuel, grand ami du photographe Richard Avedon et auteur notamment de « la Chambre de Giovanni », sublime roman d’amour entre deux hommes au sortir de la guerre, il se battra jusqu’à sa mort, en 1987, pour les droits civiques, que ce soit dans ses textes ou dans ses interventions publiques.

Ainsi, lors de l’un de ses passages à la télévision, James Baldwin, chemise blanche, cravate noire et colère contenue, fit cette déclaration :

« Les Blancs doivent chercher à comprendre pourquoi, dans leur cœur, la figure du nègre leur était nécessaire. Je ne suis pas un nègre, je suis un homme. Je suis un nègre car vous en avez besoin. (…) Si je ne suis pas un nèg





nouvelobs

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