Après George Floyd, une nouvelle vidéo remet en cause les arrestations brutales aux Etats-Unis


Les images rappellent forcément l’interpellation de George Floyd : un homme afro-américain immobilisé par des policiers blancs, avec un genou qui écrase son cou malgré les protestations des passants. Cette scène se déroule à Sarasota, en Floride. Elle date du 18 mai, une semaine avant la mort de Floyd, mais la vidéo vient seulement de faire surface dans les médias américains, alors que les Etats-Unis sont marqués par le retour à très grande échelle du mouvement Black Lives Matter.

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Contrairement au malheureux George Floyd, l’issue n’a pas été fatale pour la personne interpellée à Sarasota. En plus de la vidéo prise au téléphone par un passant, des images aériennes ont été diffusées par la police de Sarasota dans une volonté de « transparence ». On y voit l’interpellation qui dégénère, puis la tristement célèbre manœuvre d’immobilisation « Knee to neck » (genou contre cou) effectuée pendant environ une minute et demie.

Regardez :

L’homme arrêté, suspecté de violences domestiques, est ensuite assis dans une voiture de police avant d’être emmené au commissariat. Il y sera libéré sous caution.

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A la suite de la diffusion des images, l’auteur de l’immobilisation a été suspendu par la police de Sarasota, qui a ouvert une enquête interne et s’est désolidarisé de l’agent à travers un communiqué :

« La cheffe de la police DiPino a trouvé dérangeant de voir un officier écraser la tête et le cou d’un individu dans cette vidéo. Même s’il apparaît que l’officier a finalement déplacé son genou vers le dos de l’individu, cette technique n’est pas enseignée, ni utilisée, ni préconisée chez nous. »

Les vidéos se multiplient

Depuis la mort de George Floyd, plusieurs vidéos relayées sur les réseaux sociaux ou dans les médias ont montré des plaquages ventraux, lors desquels les policiers utilisent leurs genoux pour faire pression sur la tête ou le cou des personnes maintenues au sol. Comme à San Francisco en janvier dernier, ou encore fin mai à Seattle, où un policier a dû interrompre son collègue. Une femme s’est également dit, il y a quelques jours, victime de cette manœuvre pendant son arrestation à Chicago.

Comme l’explique CNN, l’immobilisation par le genou sur le cou est interdite par de nombreux services de police aux Etats-Unis, notamment parce qu’elle est dangereuse et mal enseignée. A Minneapolis, où George Floyd est décédé, cette technique est autorisée dans le cas de figure où une personne fait montre d’agressivité lors de son arrestation. George Floyd, lui, a subi cette dangereuse manœuvre pendant plus de huit minutes, alors qu’il avait les menottes aux poignets et n’était plus en état d’opposer de la résistance.

En France, les morts d’Adama Traoré, en 2016, et de Cédric Chouviat, en 2019, tués à la suite d’interpellations par la police, ont entraîné des remises en cause du plaquage ventral. Dans une interview accordée à « l’Obs », Amnesty International expliquait la grande dangerosité de cette technique. Regardez :

Mais après plus d’une semaine de débordements, la nuit de mercredi à jeudi s’est avérée plus calme dans l’ensemble, sans incident majeur à déplorer, les manifestants ayant obtenu une première « victoire » sur le plan judiciaire avec la requalification des faits en homicide volontaire.





nouvelobs

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