à Washington ou à Houston, les manifestations continuent


Huit jours après la mort à Minneapolis de George Floyd, un homme noir asphyxié par un policier blanc, la vague de colère historique contre le racisme, les brutalités policières et les inégalités sociales qui secoue les Etats-Unis ne connaît pas de répit.

Mardi soir, plusieurs milliers de personnes, dont la sénatrice démocrate Elizabeth Warren, ont bravé pacifiquement le couvre-feu instauré dans la capitale fédérale. Les abords de la Maison Blanche étaient toutefois bloqués par des barrières, empêchant toute confrontation directe.

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Washington, où plus de 300 manifestants ont été arrêtés lundi soir, « était l’endroit le plus sûr de la planète la nuit dernière », a salué sur Twitter le milliardaire républicain, assumant le positionnement de président de « la loi et de l’ordre ».

La maire de Washington Muriel Bowser a protesté contre l’envoi des militaires « dans les rues américaines contre les Américains », une attaque reprise par de nombreux gouverneurs démocrates.

Un couvre-feu maintenu à New York

A New York, où plusieurs grands magasins de la célèbre 5e Avenue ont été pillés lundi soir, le couvre-feu nocturne instauré lundi a été avancé à 20 heures et prolongé jusqu’à dimanche.

Des pillages « inexcusables », selon le gouverneur de l’Etat de New York, Andrew Cuomo. Tout en critiquant le maire et la police, il a refusé de mobiliser la Garde nationale, comme l’ont fait d’autres villes et comme le réclame Donald Trump.

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A Manhattan, plusieurs milliers de manifestants, noirs et blancs, se sont également retrouvés mardi soir pour protester pacifiquement près du siège de la police new-yorkaise, en scandant « George Floyd, George Floyd » ou encore « Black Lives Matter! » (« la vie des Noirs compte »), cri de ralliement contre les violences policières visant les Afro-Américains.

60 000 personnes rassemblées à Houston

Au moins 60 000 personnes ont rendu hommage au défunt lors d’un rassemblement pacifique à Houston, ville du Texas où il a grandi et où il doit être enterré la semaine prochaine. « Nous voulons qu’ils sachent que George n’est pas mort en vain », a lancé le maire de la ville, Sylvester Turner. « Je veux qu’on lui rende justice parce qu’il était bon, peu importe ce que les gens pensent, c’était quelqu’un de bien », a lancé en pleurs sa compagne, Roxie Washington, lors d’une conférence de presse à Minneapolis mardi.

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Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont également manifesté. « George était vraiment humble, quelqu’un qu’on avait envie d’aimer, donc on va marcher pour lui et ça va être plein à craquer », annonçait en début de journée sur Instagram le rappeur Trae Tha Truth, ami du défunt et co-organisateur de la marche. Parmi les manifestants, plusieurs membres de la famille de George Floyd et une cinquantaine de cowboys noirs, à cheval et vêtus de t-shirts à son effigie.

Passant devant les vitrines du centre et les quelques magasins protégés par des planches en bois, la foule a scandé « Je ne peux pas respirer » et « Dites son nom! George Floyd! ».

Le calme régnait mardi soir à Minneapolis, épicentre de la flambée de colère.

A Los Angeles, le maire Eric Garcetti a posé avec des policiers un genou à terre, symbole depuis 2016 de la dénonciation des violences policières contre la minorité afro-américaine.

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En campagne, Biden promet de « guérir les blessures raciales »

Le candidat démocrate à la présidentielle du 3 novembre, Joe Biden, a accusé mardi Donald Trump d’avoir « transformé ce pays en un champ de bataille miné par de vieilles rancunes et de nouvelles peurs ».

Lors d’un déplacement à Philadelphie, il a promis de « guérir les blessures raciales qui meurtrissent notre pays depuis si longtemps ».

L’ancien président républicain George W. Bush a lui estimé qu’il était « temps pour l’Amérique d’examiner nos échecs tragiques ».





nouvelobs

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