« Egoïsme », « ligne rouge »… Les ténors de LREM flinguent Collomb après son alliance avec LR


L’alliance avec la droite lyonnaise de Gérard Collomb, un des tout premiers soutiens d’Emmanuel Macron, met le gouvernement et La République en marche dans l’embarras, obligeant certains de ses anciens collègues à prendre publiquement leurs distances avec l’ancien ministre de l’Intérieur.

Son successeur place Beauvau, Christophe Castaner, a estimé ce vendredi 29 mai que Gérard Collomb s’était « perd(u) lui-même » en décidant de s’allier avec LR pour le second tour des municipales à Lyon. « Gérard Collomb a perdu les élections municipales au premier tour » et aujourd’hui, « ce choix politique (de s’allier avec LR) le perd dans le champ politique. Dans cette attitude, il se perd lui-même », a déclaré le ministre sur RTL.

« Je sais ce qu’il a apporté à La République en marche. C’est une mauvaise nouvelle pour lui, et pour nous. »Collomb s’allie à LR pour assurer sa succession à Lyon, et franchit une « ligne rouge » selon Guerini

« Ligne rouge »

Le patron de La République en marche Stanislas Guerini a lui aussi manifesté sa désaprobabation. Il a estimé jeudi que le maire de Lyon Gérard Collomb avait « franchi une ligne rouge » en s’alliant avec les Républicains en vue du second tour des municipales et métropolitaines à Lyon.

« En choisissant de s’allier avec Les Républicains avec la bénédiction (du président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes) Laurent Wauquiez plutôt que d’oeuvrer au rassemblement de notre famille politique, Gérard Collomb franchit une ligne rouge. Je ne peux cautionner un tel accord politique », a tonné le délégué général de LREM dans un communiqué.

Stanislas Guerini faisait manifestement référence à la lutte fratricide qui a opposé ces derniers mois Gérard Collomb à son ancien adjoint David Kimelfeld qui explique en partie son mauvais score du premier tour des élections.

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« Je prends acte du retrait de Gérard Collomb de l’élection à la métropole et demande à la Commission nationale d’investiture de se réunir le plus rapidement possible afin que soit examinée la désinvestiture de Yann Cucherat à Lyon. Je l’affirme clairement : nos valeurs seront toujours plus importantes que quelques sièges dans un conseil municipal. Nous ne les troquerons jamais contre un mandat », a ajouté Stanislas Guerini.

« La République en marche s’est construite sur le dépassement des clivages qui ont paralysé la vie politique française depuis des décennies (…) Mais ce dépassement s’est toujours établi sur la base d’un socle de valeurs partagées et indiscutables. »

« Une forme d’égoïsme »

Invitée sur RMC, la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye a elle expliqué éprouver « énormément de déception à l’égard de Gérard Collomb ». « Sur l’autel d’une forme d’égoïsme, il fait le choix d’une droite avec laquelle je ne partage aucune valeur, celle de Laurent Wauquiez », a-t-elle lancé face à Jean-Jacques Bourdin.

Municipales à Lyon : Doucet (EELV) distance Blanc (LR-UDI) et Cucherat (LREM)

« Evidemment je ne comprends pas », a dénoncé de son côté la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne sur Public Sénat. « On parle souvent de dépasser les clivages mais ça ne veut pas dire accepter tous les arrangements, en l’occurrence une alliance avec les candidats de Laurent Wauquiez. Ce n’est pas du tout l’ADN d’En Marche, on n’est pas du tout sur les mêmes valeurs. »

Sur Sud Radio, la secrétaire d’Etat Emmanuelle Wargon a rappelé le message « très clair de Stanislas Guerini », délégué général de LREM, qui a demandé à la commission nationale d’investiture de se réunir le plus rapidement possible afin que soit examinée la désinvestiture du poulain de M. Collomb, Yann Cucherat, à Lyon.

« Je pense que notre ligne politique est autour d’un socle commun » et que « ce socle, ça n’est pas ce que nous partageons avec Laurent Wauquiez », a-t-elle insisté.

Grande déconvenue

Le maire de Lyon Gérard Collomb a annoncé jeudi une alliance avec la droite qui le voit s’effacer derrière le candidat LR François-Noël Buffet pour la stratégique présidence de la métropole. Pour la mairie, c’est son poulain Yann Cucherat qui sera le candidat de la nouvelle alliance après le retrait du LR Étienne Blanc comme tête de liste.

Favori des sondages pour conquérir la métropole, le baron investi par LREM avait subi une grande déconvenue le 15 mars, ses listes étant devancées par celles de Bruno Bernard (EELV), François-Noël Buffet ou David Kimelfeld, ses trois principaux concurrents dans les 14 circonscriptions du scrutin.





nouvelobs

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