Collomb s’allie avec la droite : l’éclaireur de Macron ?


L’extrême centre n’existe pas. Il n’est, en France, qu’un mirage politique, une chimère qui se volatilise au premier coup de vent. Les derniers micro-événements vécus par La République en Marche, encore peu visibles pour cause de déconfinement réussi, révèlent cette évidence. En France, le centre, contrairement au rêve d’Emmanuel Macron, n’est pas l’addition, ou plutôt l’assemblage de la gauche et de la droite, mais un leurre, un attrape-nigaud. La preuve ? A Lyon, l’inamovible baron Collomb, en chute libre après son échec du premier tour des élections municipales, pour éviter la disparition pure et simple, s’est donc allié sans vergogne avec la droite, dans un pacte improbable, en lui abandonnant la présidence de la Métropole, contre un désistement de LR en faveur de son poulain pour la mairie de Lyon.

A Lyon, le dernier combat de Gérard Collomb, l’empereur trahi

Le deal n’est pas reluisant, mais définitivement éclairant sur le positionnement d’En Marche ! sur l’échiquier politique. A Paris, les amis d’Agnès Buzyn multiplient les roucoulades du côté des élus LR qui ont peu d’appétence pour les méthodes brutales de Rachida Dati la pétroleuse. Le peu d’empressement de Marlène Schiappa à soutenir la candidature de l’ex-ministre de la Santé, jugée trop sensible à la droite, est un signal d’alerte à propos du danger d’effritement de LREM. A l’Assemblée nationale, les clivages droite-gauche, au sein des députés marcheurs, ne se dissimulent même plus. Ils éclatent au grand jour, et parfois même avec brutalité.

La vraie raison du retour d’Agnès Buzyn

A droite toute, la doxa présidentielle pour 2022 ?

Le parti est tiraillé, tel un aimant, par des pôles de plus en plus actifs, et risque, un jour ou l’autre, de vivre une implosion que de nombreux observateurs politiques prophétisaient dès les premiers jours du quinquennat Macron. Leur thèse ? Un mouvement monté en catastrophe sur les réseaux sociaux, composé de militants néophytes, désignés souvent d’un simple clic sur ordinateur, sans doctrine, sans histoire, créé uniquement pour satisfaire les ambitions d’un homme, est condamné à prendre l’eau à la première tempête.

La pandémie de Covid-19 a joué un rôle d’accélérateur de particules sur ce phénomène désormais visible de tous. Le coup de Trafalgar lyonnais n’est pas une mince affaire et pourrait même être le signe de la fin programmée du « en même temps » macronien, et d’un virage sur les chapeaux de roues, sans la moindre hypocrisie, sur les terres de la droite. Car chacun est convaincu aujourd’hui que l’élection présidentielle ne se gagnera pas au centre, devenu une coquille vide pour beaucoup, mais du côté des conservateurs.

Emmanuel Macron, le souverainiste né à l’ombre du « Che »

Pour l’heure, de nombreux élus LREM et ministres, tel Christophe Castaner, qui n’a pas totalement oublié qu’il vient du PS, s’insurgent contre la petite « trahison » du maire de Lyon. Ils évoquent un pacte avec le diable et la chute d’un homme seul en perdition, prêt à tout pour survivre. Et s’ils se trompaient ? Gérard Collomb n’est pas n’importe qui. Il est le parrain politique, et idéologique, du président. Il fut son formateur, son coach, le grand défenseur des deux piliers de la pensée du natif d’Amiens, le saint-simonisme et les théories économiques de Joseph Schumpeter.

« Merde, on a voté Macron, pas Juppé ! » Les tensions secrètes de la majorité

Ne serait-il pas tout simplement en train d’anticiper la nouvelle doxa présidentielle pour 2022 ? A savoir, finies les finasseries, à droite toute ? L’édile de la capitale des Gaules ne serait-il pas en train de jouer les éclaireurs, comme il aime à se présenter ? Les mots doux du président envers Jean-Marie Bigard, Philippe de Villiers, et pourquoi pas bientôt Nicolas Dupont-Aignan, ne sont-ils pas des messages subliminaux envoyés à l’ami Collomb pour que cessent les illusions ? On dit les deux hommes fâchés pour de bon. Est-ce si sûr ?





nouvelobs

A lire aussi

Laisser un commentaire