les investisseurs étrangers restent attachés à la France, mais…


Une poignée de mais au dessus d’une pile de dossiers. Photo d’illustration. (RICHARD VILLALON / MAXPPP)

La France est devenue l’année dernière le pays européen le plus attractif pour les investisseurs étrangers. C’est ce qui ressort du baromètre annuel réalisé par le cabinet EY. Mais cela, c’était avant la crise. Est-ce que la donne a évolué depuis mars ? 

Les projets sont soumis à de fortes révisions partout en Europe mais la France garde le cap. C’est la grande conclusion de cette enquête. C’est d’autant plus important que les entreprises étrangères implantées en France représentent aujourd’hui deux millions d’emplois et pèsent pour environ 30% de nos exportations. L’année dernière la France a pris la première place européenne pour l’accueil d’investisseurs internationaux avec près de 1 200 projets, devançant pour la première fois depuis vingt ans le Royaume-Uni et l’Allemagne. Bien sûr, depuis trois mois les investisseurs s’interrogent mais seuls 10% des projets pourraient être annulés, 25% reportés et 65% seraient maintenus.

Avant la crise, les investisseurs internationaux estimaient que l’attractivité de la France s’était améliorée avec notamment la gestion de la crise sociale des « gilets jaunes ». Une gestion considérée comme maîtrisée avec les différentes mesures décidées à l’époque. Cette image demeure. Et si l’on regarde la géographie par exemple : l’Ile-de-France, les Hauts-de-France et l’Auvergne-Rhône-Alpes sont toujours très attractives. Une poussée est observée pour les régions Occitanie, Provence-Alpes-Côte-d’Azur et Bourgogne-Franche-Comté.

Face à la crise, les investisseurs étrangers attendent des mesures particulières de la part de l’État pour maintenir leurs projets. Ils réclament essentiellement un cadre fiscal et réglementaire régulier et stable. Beaucoup s’interrogent sur l’impact que les plans de relance pourraient avoir sur d’éventuelles contreparties en matière de fiscalité. Les entreprises étrangères en France seront-elles plus mises à contribution que les autres ?

C’est un message très clair envoyé au gouvernement car un investisseur étranger peut très bien déplacer rapidement son projet et son argent vers un autre pays européen qui lui tend la main. Et comme il n’y a pas de fiscalité commune en Europe, la concurrence fiscale (l’impôt sur les sociétés et les différentes charges) jouera un rôle plus important encore en termes d’attractivité dans les mois à venir.



FranceTVinfo

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