Crise économique: à quel point le diagnostic est-il grave?



La plateforme Angelsquare, communauté française des investisseurs spécialistes des start-up, et la banque privée Lazard Frères ont organisé un échange sur la crise économique liée au Covid-19. Une centaine d’investisseurs et d’entrepreneurs y participaient. Voici les principaux points à retenir : 


  • Mise sous cloche de l’économie

Julien-Pierre Nouen, directeur des études économiques de la banque, commence par souligner le caractère exceptionnel de la crise du Covid-19 lié à la « mise sous cloche » de l’économie mondiale. Qui a des effets jamais vus, puisque d’après l’Insee, l’économie française a tourné à 70% de ses capacités normales pendant toute la durée du confinement. Aboutissant à une contraction record du PIB de 5,8% au premier trimestre 2020, contre 4% aux pires moments de la crise de 2008. Heureusement, il s’agit ici d’une crise complètement exogène : la crise est survenue car les gouvernements ont violemment appuyé sur le frein, pas parce qu’il y avait un problème dans le moteur économique. Par ailleurs, certains services sont plus touchés que d’autres : ceux qui impliquent des activités et des échanges physiques.

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Les experts de Lazard, qui se targuent  d’avoir vu venir la crise avant le grand public grâce à l’observation de la situation asiatique et l’apparition des premiers cas en dehors de Chine dès février 2020 (Corée du Sud, Italie…), soulignent qu’il est encore très difficile d’anticiper les effets réels de cette crise. D’où la lueur d’espoir que voient Charles Degand, cofondateur d’Angelsquare, et Julien-Pierre Nouen.

En effet, tout n’est peut-être pas si dramatique. D’après les chiffres de la Banque de France, il y a habituellement 3.000 entreprises françaises qui font faillite chaque mois, contre seulement 400 en avril 2020. Il faudra donc attendre encore quelques mois pour faire les comptes : les entreprises feront-elles massivement défaut ? Par ailleurs, le rôle des Etats est à souligner : les mesures d’urgence mises en place (chômage partiel, prêts garantis par l’Etat, report des cotisations Urssaf…) laissent penser que nos gouvernants ont vite pris conscience de l’ampleur du choc. Quitte à créer des « effets d’aubaine » pour certaines entreprises déjà non viables avant la crise du Covid. La situation des banques est également scrutée de près : alors qu’elles furent au bord de la faillite et donc au cœur de la tempête financière de 2008, il semble qu’elles soient aujourd’hui à l’abri et plus solides que jamais, notamment en Europe.


  • L’inconnue de la réaction des ménages 

Enfin, il est également très tôt pour anticiper les réactions des ménages. L’épargne forcée et les dépôts bancaires ont fortement augmenté pendant le confinement. Et habituellement, quand il s’agit de psychologie des ménages, on constate que les effets se prolongent plus longtemps que les causes ne durent. On peut imaginer notamment en France, ou le gouvernement a opéré une communication particulièrement anxiogène.

Même si Julien-Pierre Nouen a constaté en Chine une reprise progressive qui laisse penser à un « choc transitoire » qui se résorbera petit à petit, il table sur une évolution profonde des modes de consommation et de travail.

>> Retrouvez les débats en vidéo ici :

La plateforme Angelsquare, communauté française des investisseurs spécialistes des start-up, et la banque privée Lazard Frères ont organisé un échange sur la crise économique liée au Covid-19. Une centaine d’investisseurs et d’entrepreneurs y participaient. Voici les principaux points à retenir : 

  • Mise sous cloche de l’économie

Julien-Pierre Nouen, directeur des études économiques de la banque, commence par souligner le caractère exceptionnel de la crise du Covid-19 lié à la « mise sous cloche » de l’économie mondiale. Qui a des effets jamais vus, puisque d’après l’Insee, l’économie française a tourné à 70% de ses capacités normales pendant toute la durée du confinement. Aboutissant à une contraction record du PIB de 5,8% au premier trimestre 2020, contre 4% aux pires moments de la crise de 2008. Heureusement, il s’agit ici d’une crise complètement exogène : la crise est survenue car les gouvernements ont violemment appuyé sur le frein, pas parce qu’il y avait un problème dans le moteur économique. Par ailleurs, certains services sont plus touchés que d’autres : ceux qui impliquent des activités et des échanges physiques.

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