le Premier ministre promet un changement dans le « quotidien » de l’hôpital


Le Ségur de la santé doit permettre de « partager l’expérience de la crise et surtout construire ensemble l’avenir de l’hôpital », a estimé lundi 25 mai le Premier ministre Edouard Philippe, à l’ouverture de cette grande concertation sur le système de santé français. Il a évoqué plusieurs pistes et enjeux envisagés.

Hôpital public : comment en est-on arrivé à un tel niveau d’indigence ?

« On ne répondra pas à la crise que nous vivons par des demi-mesures, mais par des choix forts, rapides, et assumés », a-t-il ajouté. Le Premier ministre a ainsi délimité plusieurs grands enjeux : l’un d’eux, la revalorisation des rémunérations des soignants. S’il n’a pas donné de chiffre, il a assuré que celle-ci serait « significative ».

Ensuite, la question du temps de travail, qui selon lui n’est pas « tabou ». « Le maître mot doit être celui du pragmatisme. Je ne préjuge pas ici du résultat des discussions qui se tiendront dans les prochains jours, mais j’ai dit qu’il fallait lever les contraintes de toute nature. Le temps de travail doit être regardé de la même façon », a-t-il prévenu.

« S’agissant des médecins, la crise est l’occasion de débloquer la question des statuts à l’hôpital », a également évoqué Edouard Philippe.

Un changement dans le « quotidien » à l’hôpital

Autre enjeu de taille : « Bâtir une nouvelle organisation territoriale du système de santé intégrant l’hôpital, la médecine de ville et le médico-social », a annoncé Edouard Philippe, ainsi que l’aboutissement de l’espace numérique de santé. Le Premier ministre a ainsi promis un changement dans le « quotidien » à l’hôpital « dans les tout prochains mois ».

Ségur de la santé : « Il y a un risque fort de radicalisation du mouvement »

Un plan d’investissement sera également lancé, même si Edouard Philippe l’a admis : cette question du financement de l’hôpital est « horriblement technique ». « Dès 2021, je souhaite que soit mise en œuvre la réforme du financement de la psychiatrie, des urgences et continuer celle des soins de suite », a aussi annoncé le Premier ministre.

« Vu l’ampleur des défis, le calendrier est serré », a-t-il concédé, tout en admettant qu’il faut en France, « trouver un système plus intelligent, plus respectueux de la qualité des soins, de la qualité du travail des soignants, et moins centré sur la nécessité de multiplier les actes pour dégager des recettes ».

« Nous avons commencé à privilégier la qualité des soins plutôt que les logiques comptables, les coopérations entre médecine de ville et hôpital, a-t-il déclaré. Je continue à penser que c’était le bon cap, le gouvernement sera à l’écoute pour compléter ces grands axes. La crise exige de nous non pas de changer de cap, mais de changer de rythme. »

Alors que le pic de l’épidémie semble s’éloigner en France, Edouard Philippe a salué le système de santé français qui a été selon lui « remarquable » et a « tenu ». Il a notamment souligné « un mode de management efficace » qui a bien fonctionné pendant la crise.

Concluant son intervention, le Premier ministre a évoqué l’impact des inégalités sur la mortalité du Covid-19. Pour combattre ces inégalités, il a appelé à de nouvelles politiques de santé publique.

Lancé ce lundi 25 mai, le Ségur de la santé a un mois et demi pour remodeler l’hôpital public. De premières conclusions sont attendues en juillet.





nouvelobs

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