François Hollande admet une « part de responsabilité » dans la situation des hôpitaux


« J’ai présidé la France pendant cinq ans, donc j’ai ma part de responsabilité aussi dans la situation de l’hôpital » : alors que le gouvernement lance ce lundi 25 mai des négociations sur l’hôpital public, c’est ce qu’a admis sur France-Inter ce matin l’ancien président de la République François Hollande.

« Depuis des années, on a contraint l’hôpital », a déclaré François Hollande, et « imposé […] une suradministration […] que les personnels rejettent et notamment les médecins… obligés de passer plus de temps parfois à remplir des papiers qu’à soigner ». Et de poursuivre :

« J’ai pris ma part, donc je ne veux pas du tout m’exclure, même si j’ai apporté des moyens supplémentaires. »

L’ancien président estime que « trois décisions importantes » sont attendues lors de ce « Ségur de la santé » : « sur la gouvernance du système, où il faut donner beaucoup plus de souplesse aux hôpitaux et moins de contrôles tatillons », « sur les rémunérations » au sujet desquelles « un retard a été pris », et, a-t-il ajouté, « il faut que l’organisation du travail soit différente ».

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« Prévenir les licenciements »

François Hollande a aussi proposé un plan pour « prévenir les licenciements » et « une reprise de la consommation » afin d’éviter « des niveaux de chômage jamais connus » d’ici fin 2020.

Pour l’instant, les décisions du gouvernement sur le plan économique face à l’épidémie de coronavirus « ont été bonnes, avec 10 millions de personnes en chômage partiel, les exonérations de charges sociales, les prêts garantis », a-t-il notamment déclaré sur France-Inter.

Mais « c’est maintenant que la crise va surgir sous nos yeux, et le chômage va atteindre des niveaux jamais connus », a averti l’ancien chef de l’Etat, évoquant « plus d’un million de chômeurs de plus d’ici la fin de l’année ».

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« Prime à l’embauche des jeunes »

« Il faut prévenir les licenciements, donc proposer un contrat aux entreprises qui permette la transition, qui fasse que le salarié reste lié à l’entreprise même si son activité est partielle, et qu’il puisse suivre une formation pour apprendre d’autres métiers », a-t-il proposé.

François Hollande a en outre plaidé pour une « prime à l’embauche des jeunes », la mise à disposition « de fonds propres » pour les entreprises, le rétablissement de l’ISF et d’une taxation accrue du capital, ou encore un « chèque déconfinement pour 10 millions de personnes, de 300 à 700 euros pour les plus modestes ».

« C’est au mois de juillet, c’est tout de suite » qu’il faut agir, « si on attend, on paiera plus cher », a-t-il prévenu, estimant qu’« il faut accepter pendant un moment limité la dette, avoir le soutien de l’Europe ».

« Reprise de la consommation »

« Il faut une reprise de la consommation », car « ceux qui militent pour la décroissance, vous allez comprendre ce que c’est » avec la crise, a-t-il ironisé.

« Ça ne veut pas dire qu’il faut faire n’importe quelle croissance, mais il faut de l’activité, que les industries de la vie puissent être soutenues directement par les investissements publics », a insisté François Hollande.

Il a de même tancé les partisans d’un retour à la souveraineté nationale à gauche, tel son ancien ministre Arnaud Montebourg ou le chef de file des « insoumis » Jean-Luc Mélenchon : « S’agit-il de dire qu’il faut nous couper du monde ? La crise prouve que nous sommes liés les uns aux autres. »





nouvelobs

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