Le député François Ruffin veut que cesse « la maltraitance des femmes de ménage » et dépose une proposition de loi en ce sens



S’il sait que sa proposition de loi a peu de chances d’aboutir, il espère mettre la majorité devant ses responsabilités, en récompensant ces femmes et ces hommes « que nos économies reconnaissent et rémunèrent si mal », dit-il, citant Emmanuel Macron.

Le député insoumis de la Somme, François Ruffin, a appelé lundi 25 mai sur France Bleu Picardie à faire cesser « la maltraitance des femmes de ménage », en incitant les entreprises à leur confier des contrats à plein-temps, en surpayant de 50% les heures de travail effectuées tôt le matin et tard le soir, et en leur donnant les mêmes droits que les salariés des entreprises dans lesquelles elles viennent travailler. L’élu a déposé une proposition de loi en ce sens, qui sera examinée mercredi à l’Assemblée nationale.

Selon François Ruffin, la prime exceptionnelle de 1 000 euros promue par Emmanuel Macron – d’ailleurs très incertaine pour les agents d’entretien – ne suffit pas. Il faut changer les conditions de travail des hommes et femmes de ménage.

« On est pas des managers de chez McDo qui donnons des primes aux meilleurs collaborateurs du pays. Il s’agit d’améliorer dans la durée les conditions de travail des agents d’entretien », a dit François Ruffin, citant l’exemple d’une femme de ménage qui l’a récemment interpellé, en pleine crise du Covid-19. « Cette femme de ménage se lève à 5h du matin et prend deux bus d’affilée. Elle a un petit contrat de 6h à 9h et elle reprend le soir de 16h30 à 19h30. Elle rentre chez elle, il est 20h30. La journée est centrée autour des transports et du travail. Pourtant, cette journée aboutit à même pas le Smic à la fin du mois ! », a dénoncé François Ruffin.

Je mène un combat contre le travail découpé, en tranche, des femmes de ménage, mais aussi d’autres métiers, comme les auxiliaires de vie sociale. Comment on fait pour qu’il n’y ait pas 3h le matin et 3h le soir avec une énorme amplitude horaire?François Ruffin, député LFIà France Bleu

Pour lutter contre ce phénomène, il propose que les heures tôt le matin (avant 9h) et tard le soir soient surpayées de 50%, pour inciter les entreprises à faire travailler les femmes de ménage à plein temps. Et il appelle les « donneurs d’ordre », les entreprises faisant appel aux sociétés qui emploient les agents d’entretien, à faire des efforts.

« Un agent d’entretien qui travaille par exemple à l’hôpital d’Amiens devrait avoir les mêmes droits que les employés de l’hôpital d’Amiens, insiste le député insoumis. Ce n’est pas forcément gigantesque, mais il y a des aides sociales, des bourses pour les étudiants, une prime de 250 euros par mois ». 

Il faut que l’hôpital d’Amiens, l’Assemblée nationale ou même Radio France paient plus cher. Il n’est pas normal que les femmes – parce que ce sont à 75% des femmes qui font ces métiers-là – soient écrasées alors qu’elles font un métier essentiel !François Ruffin

Le député Insoumis a indiqué qu’il savait bien qu’il n’y avait « pas de risque que cette proposition de loi soit adoptée, car elles le sont jamais (les propositions de loi de LFI) par La République en marche », mais que c’était une façon de mettre la majorité devant ses responsabilités, après les récents propos d’Emmanuel Macron sur ces femmes et ces hommes « que nos économies reconnaissent et rémunèrent si mal », mais qui ont permis à la France de tenir debout. « Je leur ouvre la porte, je leur demande, concrètement ‘qu’est-ce que vous faites pour les femmes de ménage ?' », a interrogé François Ruffin.



francetvinfo

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