Jhingan rêve d'écrire le destin indien



  • FIFA.com s’est entretenu avec le défenseur indien Sandesh Jhingan
  • Il rêve de voir un jour l’Inde disputer la Coupe du Monde
  • Après sa carrière, il veut se consaqcrer à son autre passion : l’écriture

Solide et rigoureux, Sandesh Jhingan s’est rapidement imposé dans le football indien. Défenseur efficace dans le jeu aérien et dans le tacle, il a joué un rôle essentiel dans le beau parcours de l’Inde lors de la dernière Coupe d’Asie de l’AFC. L’exploit est d’autant plus remarquable que l’Inde fêtait à cette occasion sa deuxième apparition seulement en 35 ans. En l’absence de Sunil Chhetri, il lui est arrivé de porter le brassard de capitaine.

Malgré son gabarit imposant, l’international indien fait preuve d’une courtoisie et d’une gentillesse qui détonnent avec son attitude sur le terrain. Quand le temps le permet, Jhingan aime composer des poèmes ou des nouvelles. Passionné d’histoire, il s’intéresse de près à l’actualité sociale. La pandémie de Covid-19 lui a également donné l’occasion de se consacrer à l’écriture. « J’ai toujours aimé voir les mots sur le papier », explique Jhingan au micro de FIFA.com. « Quand je lis une belle phrase tirée d’un livre ou d’une chanson, il m’arrive d’avoir la chair de poule. Une fois que j’aurai raccroché les crampons, j’aimerais devenir écrivain. »

En septembre, une grave blessure au genou l’a contraint à prendre du recul. Le natif de Chandigarh n’a pas ménagé ses efforts pour revenir en forme et prendre part aux derniers matches de l’Inde dans les qualifications pour la Coupe du Monde de la FIFA, Qatar 2022™. Initialement prévues il y a deux mois, ces affiches ont été reportées jusqu’à nouvel ordre. « Quand je me suis blessé, je ne me suis pas apitoyé une seconde sur mon sort. J’ai vu ça comme un défi », confie le défenseur de Kerala Blasters. « Ça fait partie du jeu et quelques-uns des plus grands joueurs de la planète ont subi des blessures similaires. J’ai beaucoup appris, au cours de cette période. Aujourd’hui, je me sens fort. Quoi qu’il arrive, je sais que je serai capable de faire face. Certaines personnes n’ont pas de toit au-dessus de leur tête ou ne savent pas quand elles pourront manger. Si je me plaignais, j’aurais le sentiment de manquer de respect à tous ceux qui traversent des moments vraiment difficiles. »

Un rêve, un hymne, un tatouage

En attendant, Jhingan ne perd pas son objectif de vue : aider son pays à progresser. « En Asie, les enfants rêvent de jouer pour Manchester United ou pour le Real Madrid. Moi, j’ai toujours voulu jouer pour l’Inde », assure-t-il. « Je suivais les matches de l’équipe nationale quand j’avais 14, 15 ans. À l’école, je dessinais des schémas tactiques et je partageais mes idées avec mes amis. J’aime énormément mon pays. C’est quelque chose dont je suis fier. Après un stage de l’équipe nationale en 2010, je me suis juré de ne plus chanter l’hymne national avant de porter ce maillot. J’étais encore un jeune homme, mais j’ai tenu parole. »

Le 12 mars 2015, Jhingan a honoré ma première sélection et a enfin pu chanter l’hymne national. « Je n’avais jamais chanté aussi fort ! Pour marquer l’occasion, je me suis fait faire un tatouage », raconte-t-il. « Aujourd’hui encore, quand je reçois une convocation, je fais une petite prière. J’ai la chance de représenter 1,3 milliards d’individus et je donne le meilleur de moi-même pour eux. »

Apprendre de ses erreurs

Au cours des cinq dernières années, Jhingan a parfaitement rempli son contrat moral. Sous son impulsion, l’Inde est passée tout près d’atteindre la seconde phase de la Coupe d’Asie pour la première fois depuis 1964. Malheureusement, les Blue Tigers ont encaissé un but décisif dans le temps additionnel de leur dernier match de groupe.

En dépit d’un nul méritoire sur le terrain du Qatar, champion d’Asie en titre, Jhingan et ses coéquipiers n’ont pratiquement plus aucune chance d’atteindre le troisième tour des qualifications pour la Coupe du Monde 2022. En revanche, une participation à la Coupe d’Asie 2023 reste envisageable. « Nous avons beaucoup appris lors de la dernière Coupe d’Asie. Il faut faire de son mieux et tirer les leçons de ses erreurs », lâche-t-il avec philosophie. « Depuis quelques années, les choses vont de mieux en mieux. Nous n’avons pas pris de but pendant quatre matches de suite et nous avons enchaîné 13 rencontres sans défaite. Nous aurions pu arracher la victoire dans les dernières minutes, contre le Qatar. Ça prouve à quel point l’état d’esprit de l’équipe a évolué. »

« La qualification pour la Coupe du Monde se doit de figurer au nombre de nos ambitions. C’est l’un de mes rêves », assure le joueur de 26 ans. « Si je n’y parviens pas en tant que joueur, je resterai au service de mon pays en devenant entraîneur. Mais nous devons garder à l’esprit que ça ne peut pas se produire du jour au lendemain. La Coupe d’Asie et tout ce que nous avons accompli sont autant d’étapes sur la route qui mène à ce rêve », conclut-il.



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