[L’Europe en région] En Guadeloupe, l’éclairage public rénové grâce aux fonds européens



Actualité


19.05.2020

Agnès Faure

La Guadeloupe a décidé de profiter de la rénovation de son éclairage public, menacé de vétusté, pour réduire à la fois ses dépenses et son bilan carbone. Pour ce faire, elle peut compter sur l’aide financière de l’Union européenne et sur un vaste appel à projets, auquel une vingtaine de communes de l’île ont répondu. 

En Guadeloupe, la rénovation de l’éclairage public est financée en partie par l’UE – Crédits : Europe Guadeloupe

Un objectif économique et écologique

75 000 points lumineux éclairent le territoire guadeloupéen. Un dispositif au poids non négligeable pour les collectivités territoriales de l’île puisqu’il représente en moyenne 46% de la consommation énergétique d’une commune et 58% de sa consommation électrique. Un poids écologique et économique qui s’accroît à mesure que les installations s’usent. En effet, le vieillissement des lampadaires entraîne un surcoût énergétique et un sur-éclairement important à cause de la puissance électrique des équipements, ce qui provoque « des nuisances lumineuses accentuées« , constate la région. Mais cette pollution lumineuse n’est que la partie visible du problème puisqu’elle est la source d’un surcoût énergétique et financier pour les communes. 

Face à cette problématique, la région a décidé de remplacer progressivement l’ensemble des installations, et entend profiter de l’occasion pour réduire leur consommation énergétique. En baissant la puissance des réverbères et en remplaçant les éclairages les plus vétustes par des ampoules LED, la région espère « une diminution des consommations d’énergie de l’ordre de 21 GWh/an ainsi qu’une réduction des émissions de CO2 de 20 600 tonnes de CO2« .

Dans ce cadre, la commune de Baie-Mahault remplace depuis septembre 2018 7 000 lampes par des ampoules LED afin d’adapter l’éclairage en fonction de la luminosité de la journée. Jacqueline Favorinus, élue en charge du développement durable et de la transition énergétique explique dans le journal France-Antilles : « Aujourd’hui, nous avons des lanternes de type ballon-fluo qui envoient de la lumière à 360°, qui éclairent même le ciel, occasionnant une perte de flux sur la voie« . Le remplacement des lanternes permettra donc de « rationnaliser l’utilisation des lampadaires » selon Fabrice Vergerolle, le responsable adjoint de la division des systèmes électriques et chargé d’études en électricité et efficacité énergétique pour la commune de Baie-Mahault. « On va éclairer juste, adapter l’éclairage en fonction des zones, de la fréquentation des voies, avec des détecteurs« , précise-t-il. Cette opération devrait ainsi amener une réduction de 78% de la facture d’électricité de la ville, qui dépense en moyenne près de 800 000 euros chaque année dans ce domaine.

Un bénéfice économique, mais également écologique : « Pouvoir réduire de manière aussi importante notre consommation d’énergie, donc de réduire d’autant nos émissions de gaz à effet de serre, ça peut être que profitable pour tout le monde« , abonde Jacqueline Favorinus. Baie-Mahault n’est pas la seule à adopter cette politique : la commune de Sainte-Anne par exemple, devrait également réduire de plus de 60% le montant de sa facture d’électricité. Dans les deux cas, le projet a été rendu possible grâce aux financements européens.

Un projet soutenu par l’Union européenne

Ce projet de rénovation ambitieux est en effet soutenu par l’Union européenne dans le cadre de sa politique de cohésion. Le Fonds européen de développement régional (FEDER) permet d’apporter à la région Guadeloupe une aide importante en finançant le programme à plus de 50%. Sur les 54 millions d’euros du projet, 28 millions d’euros sont pris en charge par le FEDER. L’Union européenne promeut ainsi une « gestion intelligente » de l’énergie et la transition vers des modes de consommation à moindre coût. Une vision partagée par la Guadeloupe qui rappelait dans sa feuille de route vouloir « soutenir la transition vers une économie à faible teneur en carbone » en redéfinissant notamment « les priorités d’investissement liées à la mise en place de mesures d’efficacité notamment pour la rénovation l’éclairage public« . Un investissement de l’Union européenne apprécié par les autorités locales, comme en témoigne la réaction de Jacqueline Favorinus : « Sans l’Europe cela nous aurait quand même pris beaucoup plus de temps« . 



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