Les Bourses européennes fanfaronnent, bouffée d’oxygène pour la dette italienne


Les Bourses européennes ont démarré la semaine en fanfare, galvanisées tant par des propos du président de la Fed que par la hausse du pétrole, l’espoir d’avancées sur un vaccin et la spectaculaire proposition franco-allemande d’un plan de relance européen de 500 milliards d’euros.

De Paris (+5,16%) à Francfort (+5,67%) en passant par Londres (+4,29%), Madrid (+4,70%) et Milan (+3,26%), les indices européens se sont laissé gagner par une certaine euphorie lundi.

Ce « gros rebond » a été « en grande partie alimenté par l’intervention de Jerome Powell dans la nuit sur la chaîne CBS », qui a « tranché avec son intervention à la tonalité plus pessimiste de la semaine dernière », a souligné auprès de l’AFP Alexandre Baradez, analyste chez IG France.

Le président de la Réserve fédérale américaine (Fed) a déclaré que l’institution « n’était pas à court de munitions, loin de là », ce qui indique que « s’il y a besoin de soutenir encore plus l’économie et les marchés », la banque centrale américaine se tient prête, a-t-il complété.

Et la proposition faite par la France et l’Allemagne, peu avant la clôture, d’un plan de relance de 500 milliards d’euros face à l’impact économique du nouveau coronavirus, qui ouvrirait la voie à une mutualisation des dettes sur le Vieux Continent, a permis au mouvement haussier de s’accélérer.

Elle a aussi été à l’origine d’une très forte détente du taux italien à dix ans, qui a fini sur un plus bas en plus d’un mois – à 1,67% contre 1,86% vendredi, alors que le pays pourrait être l’un des premiers bénéficiaires de ce mécanisme inédit prenant la forme non pas de prêts à rembourser mais de « dotations » directes aux Etats européens les plus touchés.

La hausse des prix du pétrole « a aussi eu un effet (positif) sur le marché », selon M. Baradez.

Le prix du baril de référence aux Etats-Unis a ainsi franchi dès le début de séance le seuil symbolique des 30 dollars, une première depuis le 17 mars, aidé par les réductions de la production et la perspective d’une reprise de la demande à mesure que les pays se déconfinent et relancent leurs économies.

Enfin, l’annonce de données positives concernant un projet de vaccin par le laboratoire américain Moderna contre le coronavirus a aussi amplement soutenu les indices boursiers.

Dont la hausse contraste avec des indicateurs économiques toujours bien sombres. Après l’Allemagne vendredi, c’est le Japon qui est tombé officiellement en récession ce lundi, pour la première fois depuis 2015.

– Les pétrolières à la fête –

En matière de valeurs, le rebond a profité aux secteurs particulièrement malmenés ces dernières semaines.

A Paris, l’aérien a décollé, à l’image d’ADP (+13,07% à 80,90 euros) et Airbus (+12,23% à 55,34 euros) alors qu’un plan d’aide à l’aéronautique doit être annoncé « avant le 1er juillet » par le gouvernement français.

Idem de l’autre côté de la Manche où Ryanair a bondi de 15,76% à 9,78 euros.

L’automobile a aussi tiré son épingle du jeu des deux côtés du Rhin. En France, Faurecia a bondi de 11,05% à 32,76 euros, Valeo de 10,38% à 19,42 euros, Renault a gagné 8,70% à 19 euros et Peugeot 6,56% à 12,27 euros.

Côté allemand, les constructeurs Daimler (+11,34% à 31,18 euros), Volkswagen (+8,28% à 131,28 euros) et BMW (+7,72% à 50,25 euros) ont aussi nettement progressé.

Le pétrole a quant à lui bénéficié de la hausse des cours du brut, le poids lourd du CAC 40 Total montant de 7,40% à 33,15 euros tandis qu’à Londres, BP a pris 8,20% à 320,80 pence et Royal Dutch Shell (action « B ») 8,18% à 1.271,80 pence.



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