Cette Allemagne qui enrage contre les mesures anti Covid



Hambourg, Stuttgart, Munich, Heidelberg, Dresde, Berlin… Depuis plusieurs semaines déjà, chaque week-end, c’est la même chose, mais avec, à chaque fois, davantage de participants. Les  » Corona-Demos  » (de  » Demonstration « , manifestation), aussi appelées  » Corona-Proteste « , se sont banalisées dans toute l’Allemagne depuis le début de la crise. Organisées à l’Est, comme à l’Ouest, elles visent à protester contre les mesures prises par le gouvernement pour éradiquer le Covid-19.  Si au départ, elles étaient plutôt anecdotiques et bon enfant avec quelques dizaines de participants, elles ont rapidement grossi à quelques centaines, et depuis le début mai à quelques milliers. Samedi 16 et dimanche 17 mai, la police en a limité le nombre à 1000 à Berlin (dont 200 ont été arrêtés devant le Parlement), 2500 à Munich et 5000 à Stuttgart. A Francfort-sur-le-Main, les forces de l’ordre se sont retrouvées en sandwich entre manifestants et contre-manifestants.

Patrons et anti-vaccins au début

Qui participe ? Les pionniers étaient principalement des Allemands pacifiques, fâchés contre le  » Corona-Wahn  » (la folie corona), et qui respectaient scrupuleusement la distance de 1 mètre cinquante entre les personnes. On trouvait des patrons furieux contre les mesures de confinement, qu’ils qualifiaient d’  » entrave à l’économie « , des familles avec de jeunes enfants farouchement anti-vaccins, des partisans des droits de l’homme ulcérés par  » une restriction des libertés  » et  » un climat de peur que le gouvernement distille. « 

Mais, petit à petit, ces rassemblements ont attiré de plus en plus de radicaux, d’extrême-droite pour la plupart, membres du parti souverainiste AfD (Alternative pour l’Allemagne).  » Ça me rappelle les début de Pegida  » (le mouvement anti-islam né avec la crise des migrants), note le politologue à l’université de Chemnitz Tom Mannewitz, qui pointe  » une radicalisation croissante des manifestants. « 

Un cuisinier vegan conspue les masques

Les pancartes sont de plus en plus haineuses, le complotisme présent partout, les mots  » mensonge « ,  » Corona-Diktatur  » toujours plus répandus, les accusations racistes et antisémites monnaie courante. Ce week-end, on a conspué Bill Gates et les médias. Le cuisinier vegan Attila Hildmann, auteur à succès de livres de recettes, a hurlé contre les masques devenus selon lui  » les nouvelles croix gammées « . Les réseaux sociaux ont débordé d’insanités.

Les dérapages sont allés si loin, que ce lundi 18 mai, le Morgen Magazin, le Télé-Matin local, en a fait son sujet principal. Thomas Strobl, ministre de l’intérieur du Baden-Württemberg, a mis en garde contre « l’instrumentalisation » de ces manifestations.  » Beaucoup de participants sont des gens normaux, comme vous et moi, et restent pacifiques, a-t-il dit, ajoutant, mais il y a aussi des radicaux et des antisémites. « 

Ces manifestations, qui ont fait des émules à Madrid, Berne et Varsovie, sont d’autant plus étonnantes vues de France, que le confinement made in Germany a été très light –la règle limitant les sorties à une heure par jour n’a par exemple jamais existé outre Rhin. Quant au déconfinement, il a été amorcé deux bonnes semaines avant celui de l’Hexagone. Et déjà dans presque toute la République fédérale, les plages, restaurants, bars, salle de gym ont réouvert. Ce week-end certains protestataires se même payé le luxe d’aller boire une bière en terrasse à la fin de la  » Corona Demo « …   

Hambourg, Stuttgart, Munich, Heidelberg, Dresde, Berlin… Depuis plusieurs semaines déjà, chaque week-end, c’est la même chose, mais avec, à chaque fois, davantage de participants. Les  » Corona-Demos  » (de  » Demonstration « , manifestation), aussi appelées  » Corona-Proteste « , se sont banalisées dans toute l’Allemagne depuis le début de la crise. Organisées à l’Est, comme à l’Ouest, elles visent à protester contre les mesures prises par le gouvernement pour éradiquer le Covid-19.  Si au départ, elles étaient plutôt anecdotiques et bon enfant avec quelques dizaines de participants, elles ont rapidement grossi à quelques centaines, et depuis le début mai à quelques milliers. Samedi 16 et dimanche 17 mai, la police en a limité le nombre à 1000 à Berlin (dont 200 ont été arrêtés devant le Parlement), 2500 à Munich et 5000 à Stuttgart. A Francfort-sur-le-Main, les forces de l’ordre se sont retrouvées en sandwich entre manifestants et contre-manifestants.

Patrons et anti-vaccins au début

Qui participe ? Les pionniers étaient principalement des Allemands pacifiques, fâchés contre le  » Corona-Wahn  » (la folie corona), et qui respectaient scrupuleusement la distance de 1 mètre cinquante entre les personnes.



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