Coronavirus: le foot de retour en Allemagne, moins de restrictions en Europe



Retour des matchs de football en Allemagne et sorties à la plage ou dans la nature dans de nombreux pays : l’allègement des mesures de confinement face à la pandémie du coronavirus s’est poursuivi dimanche, malgré un bilan global d’au moins 312.000 morts sur la planète.

Dilemme impensable il y a encore peu, quand plus de la moitié de l’humanité était confinée: dans de nombreux pays où les restrictions ont été allégées ce week-end, les amateurs de ballon rond avaient le choix entre une après-midi foot à la télé ou une sortie au vert.

Premier grand championnat à avoir redémarré samedi, le championnat allemand (Bundesliga) a permis au prestigieux Bayern Munich de s’imposer 2-0 face à l’Union Berlin. Comme la veille, la rencontre s’est jouée dans un stade vide.

Plus de cinq mois après son apparition en Chine, la pandémie qui a mis l’économie planétaire à l’arrêt a toutefois poursuivi sa course meurtrière.

Pays le plus touché d’Amérique latine, le Brésil a franchi le seuil de 15.000 morts. Des statistiques largement sous-estimées selon des experts, alors que le président Jair Bolsonaro ne cesse de critiquer le confinement décidé par certains gouverneurs.

« Le chômage, la faim et la misère seront l’avenir de ceux qui soutiennent la tyrannie de l’isolement total », a tweeté le dirigeant d’extrême droite.

– Tacle d’Obama –

Aux Etats-Unis, pays le plus endeuillé au monde, le président Donald Trump a également été critiqué pour sa gestion de la pandémie. La marque des 90.000 morts est en passe d’y être atteinte.

Dans une sortie inhabituelle, l’ex-président Barack Obama a taclé à mots à peine couverts son successeur.

« Cette pandémie a enfin enterré l’idée que tant de nos responsables savent ce qu’ils font », a-t-il déclaré samedi devant des étudiants. « Nombre d’entre eux ne cherchent même pas à faire semblant d’être responsables ».

Dans une rare interview, le patron de la Banque centrale américaine Jerome Powell a estimé que l’économie américaine ne pourrait se remettre totalement du choc provoqué par la pandémie qu’avec un vaccin.

« Pour que l’économie se rétablisse complètement, il faut que les gens retrouvent pleinement confiance, il faudra peut-être attendre l’arrivée d’un vaccin », a-t-il estimé.

En Europe, des dizaines de millions d’habitants ont joui pour leur part d’un premier week-end de relative liberté.

La France a rouvert un grand nombre de ses plages, dont beaucoup ont été prises d’assaut. « La plage me manquait énormément: on attendait que ça, l’annonce de la réouverture! », jubile Nathanaël, 28 ans, sous les remparts de Saint-Malo (Ouest).

Dans ce pays qui compte plus de 28.000 morts, les déplacements restent limités à un rayon de cent km autour du domicile et les plages sont réservées à des activités « dynamiques », sans possibilité de s’allonger.

– « Risque calculé » –

Après les plages publiques le 4 mai, la Grèce a de son côté rouvert ses plages privées mais à condition là aussi de respecter des règles strictes.

En Angleterre, le premier weekend depuis l’allègement des mesures de confinement a vu les visiteurs affluer dans les parcs, rendant parfois difficile le respect des consignes de distanciation sociale.

Très dépendante du tourisme, l’Italie (plus de 31.700 morts) a annoncé la levée de la quarantaine obligatoire pour les visiteurs étrangers et la réouverture des frontières à tous les touristes de l’UE à compter du 3 juin.

« Nous sommes confrontés à un risque calculé, sachant (…) que la courbe épidémiologique pourrait à nouveau repartir à la hausse », a commenté le Premier ministre Giuseppe Conte.

Les annonces unilatérales de réouverture des frontières font cependant débat au sein de l’UE, dont la Commission a souhaité une réouverture « concertée » et « non discriminatoire » des frontières intérieures.

En Espagne, durement frappée (27.650 morts) et entré dans un déconfinement progressif, le nombre quotidien de décès est tombé sous la barre des cent pour la première fois depuis deux mois.

– Vigilance en Chine –

La Grèce a également assoupli ses restrictions frontalières pour faciliter l’arrivée de main d’œuvre étrangère indispensable aux récoltes, notamment au profit de l’Albanie voisine, un pays n’appartenant pas à l’UE. « Sans les Albanais, nous n’aurions pas un seul pêcher », explique Panagiotis Gountis, exploitant agricole à Véria, dans le Nord du pays.

La Norvège en revanche a dû renoncer à la plupart de ses festivités en ce 17 mai, jour de sa fête nationale, où l’hymne a été chanté depuis les balcons.

L’Inde pour sa part a prolongé de deux semaines ses mesures de confinement, jusqu’au 31 mai, tout en évoquant la possibilité d’aménagements afin de « faciliter les activités économiques ».

Le Qatar a lui commencé dimanche à appliquer les sanctions les plus sévères au monde contre les personnes ne portant pas de masque en public, et pouvant aller jusqu’à trois ans de prison.

Au Liban, le reconfinement total de quatre jours décrété cette semaine en raison d’une hausse des cas de contamination prendra fin lundi, a annoncé le premier ministre.

Partout, la vigilance est de mise dans l’attente d’un hypothétique vaccin et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) met régulièrement en garde contre le risque d’une deuxième vague pandémique.

En Chine, où le coronavirus est jugé sous contrôle par les autorités, un tel scénario est pris très au sérieux.

« Nous sommes confrontés à un grand défi » a estimé à la télévision CNN Zhong Nanshan, un des principaux conseillers du ministère de la Santé, relevant qu’une « majorité » des Chinois restaient « susceptibles d’être infectés » à l’avenir.

M. Zhong a également admis que les autorités de Wuhan, le berceau de la pandémie, avaient caché l’ampleur de celle-ci lorsqu’elle a éclaté.

A Hong Kong, des tests sur les hamsters, dont les cages avaient été séparées par des masques de protection, ont prouvé l’efficacité de ce dispositif.

« Il est clair qu’utiliser les masques sur les sujets infectés (…) est plus important que n’importe quoi d’autre », a dit le professeur Yuen Kwok-yung, expert reconnu des coronavirus, qui dirigeait les travaux d’une équipe de l’université de la ville.

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