Macron fait son mea-culpa et reconnaît une « erreur dans la stratégie »


Un constat en forme de mea-culpa. En visite ce vendredi 15 mai à l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, le président de la République a admis une « erreur » sur la réforme du système de santé engagée il y a deux ans. Le chef de l’Etat, qui s’était déjà rendu sur place le 27 février au début de la crise du coronavirus, a débuté cette visite surprise par une table ronde avec des médecins.

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Accompagné par son ministre de la Santé Olivier Véran, il a ensuite rencontré des responsables syndicaux avant de visiter un service.

« Monsieur le président, vous avez suscité un magnifique espoir chez les gens, un retour en arrière ne sera pas accepté », a lancé la Pr Dominique Thabut, cheffe de service hépatologie, résumant les difficultés exprimées lors de la réunion par plusieurs de ses collègues.

« Il faut mettre fin à cette paupérisation », a réagi le chef de l’Etat, en revenant sur la réforme du système de santé engagée il y a deux ans.

« On a sans doute fait une erreur dans la stratégie annoncée » car elle ne « portait pas assez de sens » et avait une « ampleur » et un rapport au temps « pas du tout suffisants compte tenu de l’état où était l’hôpital », a-t-il affirmé.

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« Très cruel pour moi-même »

« J’étais convaincu qu’on était en train de changer les choses » et « c’est très cruel pour moi-même », a-t-il ajouté, jugeant que « c’était une super stratégie mais à faire dix ans plus tôt ».

Mais « je n’ai pas envie non plus qu’on revienne à l’étape d’avant », a-t-il ajouté. C’est pourquoi « oui, on va investir », a promis Emmanuel Macron qui a affirmé avoir « demandé au ministre un travail express » sur le sujet. « C’est un investissement et pas une dépense », a-t-il estimé.

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Fin mars déjà, Emmanuel Macron avait promis « un plan massif d’investissement et de revalorisation » pour l’hôpital à l’issue de la crise. Jeudi encore, il a assuré vouloir « aller plus vite » notamment pour revaloriser les rémunérations et les carrières, lors d’une visioconférence avec des médecins hospitaliers.

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Conditions dégradées

A la Pitié-Salpêtrière, les soignants ont longuement témoigné de leurs conditions de travail dégradées. « Ce ne sont pas des petites augmentations qui feront les choses, il faut un choc salarial », a assuré le Pr Thomas Similowski, chef du service de pneumologie, en soulignant qu’« une infirmière qui commence est à la limite de la pauvreté ».

Cadre médical, Nathalie Nion a témoigné des « ménages » (prestations hors de l’hôpital) que font certains soignants, « alors que ce n’est pas réglementaire, parce que les salaires sont insuffisants pour vivre, notamment à Paris ».

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« N’est-ce pas incohérent de maintenir les 35 heures alors que certains, pour gagner plus, travaillent en dehors en toute illégalité ? », a alors lancé Olivier Véran. Le ministre s’est interrogé sur le maintien du « cadre unique de la fonction publique », avouant mettre « les pieds dans le plat » et assurant qu’il ne s’agissait pas « de tout faire exploser ».

« Il ne faut pas que cette crise soit une parenthèse enchantée, il faut passer à un système stable où tout le monde se reconnaîtra », a affirmé le patron de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) Martin Hirsch, en rappelant la longue grève qu’ont connue les urgences l’an dernier.





nouvelobs

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