Revu sur Disney+ : Chiens des neiges



© 2002 Douglas Curran / Kerner Entertainment Company / Walt Disney Pictures Tous droits réservés

Une autre figure constante dans l’univers Disney, ce sont les animaux. Les meilleurs amis de l’homme y prennent très souvent la fonction de vaillants ambassadeurs en faveur d’un retour salutaire à la nature. Pire encore, dans l’un des rares sous-genres de productions Disney qu’on abhorre viscéralement, le documentaire animalier, ils sont détournés de leur état sauvage, afin d’adopter des traits de caractère humains qui n’ont strictement plus rien à voir avec la préservation de l’environnement ! Alors que pareil apprivoisement au forceps peut encore faire mouche dans le cadre de l’animation, il devient déjà plus problématique dans des films de fiction.

Au moins de ce point de vue-là, le cas de Chiens des neiges, disponible actuellement sur Disney+, n’est pas complètement désespéré. Les clébards y ont certes droit à la parole une seule fois, lors d’un rêve fiévreux qui mélange les deux univers aux températures diamétralement opposées dans lesquels le protagoniste évolue. Et leurs mimiques par voie d’effets spéciaux numériques les poussent dangereusement du côté d’un raisonnement réfléchi que l’écurie Disney ferait mieux de réserver exclusivement à ses personnages humains. Mais sinon, le scénario les cantonne principalement à tirer des traîneaux manœuvrés plus ou moins adroitement par leurs maîtres ou à bouffer un mélange guère appétissant de rebuts de boucherie.

© 2002 Douglas Curran / Kerner Entertainment Company / Walt Disney Pictures Tous droits réservés

Non, l’immense problème, préjudiciable à défaut d’être fatal, de cette prétendue comédie, c’est son humour extrêmement lourd. Chaque fois que la narration cherche péniblement à ajouter une touche comique à l’intrigue, celle-ci bascule en effet vers un ton pesant difficile à supporter. Ces icebergs du mauvais goût peuvent prendre la forme d’un numéro de pitreries, au cours duquel Cuba Gooding Jr. se ridiculise outre mesure. Ou bien, ils font perdurer sans la moindre finesse le cliché de l’éternelle opposition entre la ville et la campagne. Ce poncif écœurant est illustré ici par les deux extrêmes du paysage américain : les plages bondées de la Floride et les prairies glaciales dépeuplées de l’Alaska.

S’il était possible d’arracher du récit cette partie grotesque, aussi affligeante qu’un nerf dentaire enflammé, le sixième long-métrage de Brian Levant ne serait finalement pas si infect que cela. Il constitue après tout un progrès, aussi peu enthousiasmant soit-il, par rapport au diptyque de l’adaptation sur grand écran des aventures de la famille Pierrafeu, inscrit pour toujours dans les annales de l’infamie cinématographique. Car Chiens des neiges conte au fond à peu près solidement l’histoire d’une quête des origines, comme elle n’aurait pas pu être plus édifiante. Tout le monde y est beau et gentil, même James Coburn dans l’un de ses derniers rôles. Derrière son apparence de méchant manichéen accentuée encore au début du film, il ne tarde pas à faire jouer son charme, qui lui donne même l’occasion de se découvrir sur le tard un instinct paternel.

© 2002 Douglas Curran / Kerner Entertainment Company / Walt Disney Pictures Tous droits réservés



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