l’agilité est là, elle ne demande qu’à être débridée »



Comment voyez-vous ce qu’on appelle désormais le « monde d’après » ?

A partir du 11 mai, nous entrons dans le monde d’avec. On n’est pas en guerre contre les virus, surtout quand on ne dispose pas des armes nécessaires (masques, tests, traitement, vaccin…), on s’en accommode. Le défi est de prendre soin de nos liens, dans ce monde-là. Les inégalités sociales ont éclaté au grand jour pour ceux qui se cachaient la tête dans le sable et elles se sont exacerbées. La première ligne, ceux que Macron appelait « ceux qui ne sont rien » en juillet 2017, ont fait tenir la société. Ce « monde d’avec », c’est un appel à un nouvel usage du monde, à une renaissance politique, culturelle, une renaissance collective et individuelle. Cela rejoint la démarche autodescriptive de Bruno Latour : qu’est-ce qui est essentiel ? Ou accessoire ?

Cette renaissance ouvre une brèche temporelle qui vient percuter les certitudes du modèle néolibéral et aussi le monde traditionnel de la gauche productiviste. Cela percute également le discours des « écolos de l’urgence » : il nous faut prendre le temps de rendre cette crise utile. Sur le plan politique, dans la sphère de l’arc humaniste, il y a une accélération des discussions multilatérales. On n’est plus dans le dialogue interpersonnel, il y a une dimension collective qui vient notamment des ONG, des syndicats, des associations, qui ont produit la très intéressante tribune « Plus jamais ça ». L’arc humaniste mesure les défis qu’il a devant lui.

Face à cette c

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