Le Made in France, antidote au Covid-19?



Ce n’est plus un signal faible. C’est une tendance de fond. « Un nouveau modèle se dessine », prédit Lydia Rabine, directrice des études stratégiques chez Kantar. Selon le sondage présenté le 30 avril par cette agence d’études et de conseil, les consommateurs plébiscitent le Made in France. Ils sont même 42% à penser que les entreprises françaises doivent « ramener toute leur production et usines » parmi leurs actions prioritaires. Une conviction bien plus marquée ici que chez nos voisins européens. « Et bon nombre d’entre eux se disent prêts à modifier leur comportement d’achat pour favoriser ce mouvement, détaille Emmanuel Rivière, directeur général de Kantar France. Il y a quelque chose de l’ordre de la réinvention qui est à l’œuvre. »  Pour agir dans le bon sens, les Français seront particulièrement attentifs aux valeurs des entreprises.

La demande de produits locaux est une tendance forte

Sans attendre une hypothétique relocalisation des outils de production, cette volonté d’infléchir la globalisation est déjà à l’œuvre. Depuis le début du confinement, les fruits et légumes cultivés en France ont la cote dans la grande distribution. « La demande de produits locaux est une tendance forte, comme l’écologie et la responsabilité sociale, confirme Lydia Rabine. Plus forte encore que le bio. » C’est un espoir de changement pour ceux qui croient à une autre consommation, comme Emery Jacquillat, le PDG de Camif, dont le site de vente à distance défend le Made in France. « La crise est un révélateur de nos fragilités, constate-t-il. Nous sommes arrivés au bout d’un modèle qui consiste à optimiser sans cesse la chaîne de valeur en allant chercher toujours moins cher ailleurs. »

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Le Made in France coûte quatre fois plus cher

Selon lui, le consommateur a les clés pour inverser la tendance, à condition de bien l’informer. Sur son site, on peut acheter des canapés, des robots-cuiseurs, des bureaux ou des draps en choisissant son lieu de fabrication, jusqu’au département. « Nous avons la chance d’avoir un pays très riche pour la fabrication de matières premières, comme le lin ou le bois, et qui possède encore  un savoir-faire extraordinaire. » Pourtant, selon l’Insee, la part du Made in France est tombée à moins de 36% dans les biens manufacturés, et même à 15% si l’on exclut l’alimentaire. Mais il existe un tissu industriel assez varié d’usines: électroménager comme Seb et Thermomix, meubles avec Schmidt et Fournier, vélos signés Decathlon, chaussettes Kindy et sous-vêtements Eminence. « Attention, le Made in France coûte quatre fois plus cher que la production en Asie, rappelle Dominique Seau, le PDG de ce groupe. Or le prix reste l’obsession des consommateurs, même pour les plus aisés d’entre eux. » Dès lors comment imaginer qu’ils puissent aligner leur rêve de relocalisation avec leur comportement d’achat?

Une fiscalité favorable aux produits locaux dans les plans de relance 

« Le clivage entre ceux qui s’inquiètent de la fin du monde et ceux qui se préoccupent de leur fin de mois va encore de se creuser à l’issue de cette crise », pronostique l’économiste Philippe Moati, cofondateur de l’ObSoCo. Une fracture qu’Emery Jacquillat juge surmontable. « Les Français ont épargné pendant le confinement, ils doivent apprendre à consommer mieux, en achetant des produits durables, qui respectent les hommes et l’environnement. » Même sur la question du prix, ce militant a sa réponse: « Il faut une fiscalité qui récompense les produits vertueux. Et la commande publique doit favoriser les entreprises à mission ». Un fléchage qui pourrait être prévu dans les plans de relance du gouvernement.

Ce n’est plus un signal faible. C’est une tendance de fond. « Un nouveau modèle se dessine », prédit Lydia Rabine, directrice des études stratégiques chez Kantar. Selon le sondage présenté le 30 avril par cette agence d’études et de conseil, les consommateurs . Ils sont même 42% à penser que les entreprises françaises doivent « ramener toute leur production et usines » parmi leurs actions prioritaires. Une conviction bien plus marquée ici que chez nos voisins européens. « Et bon nombre d’entre eux se disent prêts à modifier leur comportement d’achat pour favoriser ce mouvement, détaille Emmanuel Rivière, directeur général de Kantar France. Il y a quelque chose de l’ordre de la réinvention qui est à l’œuvre. »  Pour agir dans le bon sens, les Français seront particulièrement attentifs aux valeurs des entreprises.

La demande de produits locaux est une tendance forte

Sans attendre une hypothétique relocalisation des outils de production, cette volonté d’infléchir la globalisation est déjà à l’œuvre. Depuis le début du confinement, les fruits et légumes cultivés en France . « La demande de produits locaux est une tendance forte, comme l’écologie et la responsabilité sociale, co…



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