Le gouvernement fait marche arrière et supprime son service controversé « désinfox coronavirus »


Ça n’a pas traîné. Sous pression depuis quelques jours, le gouvernement a finalement décidé de supprimer de son site internet le service « désinfox coronavirus », a annoncé ce mardi 5 mai le ministre de la Culture Frank Riester.

Cette rubrique qui recensait des articles de « fact-checking » de certains médias à propos du Covid-19 était fortement critiquée au sein des rédactions. Un service mis en avant sur Twitter la semaine dernière par la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, provoquant une levée de boucliers des journalistes, qui dénonçaient un mélange des genres délétère.

Pas d’objectif « de tri »

L’initiative du Service d’information du gouvernement (SIG) « visait simplement à apporter un service supplémentaire en regroupant sur une même page les ressources de lutte contre la désinformation durant la crise sanitaire, et ne représentait évidemment pas un objectif de tri d’articles ou d’informations », a justifié le ministre devant l’Assemblée nationale, répondant à une question de la députée Frédérique Dumas (Libertés et Territoires, ex-LREM).

« L’État n’est pas l’arbitre de l’information »

« Pour autant, je peux comprendre les inquiétudes qui ont été suscitées par ce service dans les rédactions, parce qu’il ne s’agit pas absolument pas pour l’Etat de labelliser les médias ou d’orienter le choix des Français vers tel ou tel média », a poursuivi le ministre, ajoutant que dès lors, « le gouvernement a pris la décision de retirer cette page du site du gouvernement ».

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Ces derniers jours, plusieurs dirigeants de médias concernés (dont « Le Monde » et « Libération »), des syndicats de journalistes (à commencer par le SNJ, numéro un dans la profession, qui a déposé un recours devant le Conseil d’Etat pour obtenir le retrait de ce service) et une trentaine de Sociétés de journalistes – dont celle de l’Obs – ont critiqué cette démarche, y voyant une « confusion des rôles » et un « mélange des genres » entre le pouvoir politique et la presse.





nouvelobs

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