Coronavirus: en Europe, les Pays-Bas, seuls contre tous



Ministre néerlandais des Finances, Wopke Hoekstra a multiplié les déclarations contre les pays d’Europe du Sud qui ont échoué à diminuer leurs déficits à l’approche de la récession. De quoi révolter l’Italie et le Portugal: le Premier ministre António Costa avait jugé cette critique « répugnante ». Aujourd’hui, avec des dettes qui représentent plus de 100% de leur PIB, ces pays n’entendent pas bouleverser leurs Budgets en plein milieu d’une pandémie. Et le Néerlandais a rejeté une proposition de neuf pays, dont la France, l’Italie et l’Espagne, d’émet­tre une dette commune de la zone euro (sous forme de « coronabonds »).

Pourtant, s’il est critiqué à l’étranger, Wopke Hoekstra est applaudi par ses compatriotes. Comme les Allemands, les Néerlandais éprouvent une aversion culturelle à l’égard de la dette, et en particulier quand celle-ci est partagée avec des gens en qui ils n’ont pas confiance. La crise de l’euro a renforcé la conviction néerlandaise que le crédit sans conditions n’est pas de la solidarité, mais de l’irresponsabilité.

Elections en vue en 2021

Les cyniques soulignent que les Pays-Bas ont des élections l’an prochain, et que dans cette perspective Wopke Hoekstra cherchera tout autant à prendre la tête de son parti chrétien démocrate qu’à battre le Premier ministre libéral, Mark Rutte. Les deux formations doivent combattre la contestation eurosceptique au sein de leurs propres rangs.

Mais le discours du minis­tre des Finances est populaire parce qu’il fait écho à ce que pensent la plupart des électeurs: « Parce que nous sommes riches, nous connaissons la vérité et nous savons quelles réformes engager », résume Rem Korteweg, du think tank Clingendael. En tout cas, Olaf Scholz, le ministre allemand des Finances, se frotte les mains devant l’entêtement de Wopke Hoekstra: il lui laisse le mauvais rôle et lui permet de se présenter en pacificateur.

 

Ministre néerlandais des Finances, Wopke Hoekstra a multiplié les déclarations qui ont échoué à diminuer leurs déficits à l’approche de la récession. De quoi révolter l’Italie et le Portugal: le Premier ministre António Costa avait jugé cette critique « répugnante ». Aujourd’hui, avec des dettes qui représentent plus de 100% de leur PIB, ces pays n’entendent pas bouleverser leurs Budgets en plein milieu d’une pandémie. Et le Néerlandais a rejeté une proposition de neuf pays, , l’Italie et l’Espagne, d’émet­tre une dette commune de la zone euro (sous forme de « coronabonds »).

Pourtant, s’il est critiqué à l’étranger, Wopke Hoekstra est applaudi par ses compatriotes. Comme les Allemands, les Néerlandais éprouvent une aversion culturelle à l’égard de la dette, et en particulier quand celle-ci est partagée avec des gens en qui ils n’ont pas confiance. La crise de l’euro a renforcé la conviction néerlandaise que le crédit sans conditions n’est pas de la solidarité, mais de l’irresponsabilité.

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