Lola German Film Awards 2020 : le palmarès



© 2020 Florian Liedel / Deutsche Filmakademie Tous droits réservés

A cause de la pandémie du coronavirus, les cinémas sont fermés à travers la planète depuis plus d’un mois. Les prochains festivals sont annulés quasiment à un rythme journalier et la production mondiale de films de cinéma est à l’arrêt. Pour faire œuvre de bonne volonté et créer un semblant de normalité, l’Académie du cinéma allemand a néanmoins tenu à organiser la 70ème cérémonie de ses Lola German Film Awards, l’équivalent allemand des César. Elle s’est tenue en toute intimité vendredi dernier, le 24 mars, à Berlin, en présence du maître de cérémonie Edin Hasanovic, du président de l’Académie l’acteur Ulrich Matthes et de la secrétaire d’état à la culture Monika Grütters. Aucun des lauréats n’était présent, ni le public, puisque la cérémonie a été filmée en studio.

Deux films ont raflé l’essentiel des prix de cette remise assez tristounette. A la fois Benni de Nora Fingscheidt et Berlin Alexanderplatz de Burhan Qurbani ont fait les frais commerciaux, de près ou de loin, de la situation culturelle particulière qui règne actuellement en Europe et ailleurs. Tandis que le premier aurait dû sortir dans les salles françaises le mercredi suivant la déclaration du confinement national – un mauvais timing dont on peut encore observer ici et là dans les rues de Paris les vestiges par le biais de l’affiche annonçant sa sortie empêchée – , le deuxième est prévu de sortir dans son pays d’origine dans trois semaines, le 21 mai, malgré le patchwork fédéral outre-Rhin autour de la réouverture des cinémas, qui risque de saboter sérieusement le destin commercial de ce film-fleuve, présenté en compétition au dernier Festival de Berlin.

Plutôt inconnu en France, l’acteur Albrecht Schuch réussit un exceptionnel coup double en gagnant les deux prix d’interprétation masculine, celui du Meilleur acteur pour son compagnon bienveillant dans Benni, ainsi que celui du Meilleur acteur dans un second rôle pour son compagnon maléfique dans Berlin Alexanderplatz. Quant au lauréat connu d’avance du film allemand ayant attiré le plus de spectateurs, Das perfekte Geheimnis de Bora Dagtekin, il s’agit en fait de la version allemande de l’histoire bien dans l’air du temps qui avait été tournée en France sous le titre Le Jeu par Fred Cavayé, sortie vers chez nous en octobre 2018.

Benni © 2019 Kineo Filmproduktion / Weydemann Bros. / Oma Inge Film / Ad Vitam Distribution Tous droits réservés

Meilleur Film : Benni de Nora Fingscheidt, sortie française initialement prévue le 18 mars

Meilleure réalisatrice : Nora Fingscheidt pour Benni

Meilleure actrice : Helena Zengel dans Benni

Meilleur acteur : Albrecht Schuch dans Benni

Meilleure actrice dans un second rôle : Gabriela Maria Schmeide dans Benni

Meilleur acteur dans un second rôle : Albrecht Schuch dans Berlin Alexanderplatz, sans date de sortie en France

Berlin Alexanderplatz © 2019 Stephanie Kulbach / Sommerhaus Filmproduktion / eOne Germany Tous droits réservés

Meilleur scénario : Benni par Nora Fingscheidt

Meilleur Documentaire : Born in Evin de Maryam Zaree, sans date de sortie en France

Meilleure photo : Berlin Alexanderplatz – Yoshi Heimrath

Meilleur montage : Benni – Stephan Bechinger et Julia Kovalenko

Meilleurs décors : Berlin Alexanderplatz – Silke Buhr

Meilleurs costumes : Lindenberg Mach dein Ding, sans date de sortie en France – Sabine Böbbis

Lindenberg Mach dein Ding © 2019 Gordon Timpen / Letterbox Filmproduktion / SevenPictures Film / DCM Film Distribution Tous droits réservés

Meilleure musique : Berlin Alexanderplatz – Dascha Dauenhauer

Meilleur son : Benni – Corinna Zink, Jonathan Schorr, Dominik Leube, Oscar Stiebitz et Gregor Bonse

Meilleur maquillage : Lindenberg Mach dein Ding – Astrid Weber et Hannah Fischleder

Meilleurs effets visuels : Die Känguru-Chroniken, de Jan Stoltz et Claudius Urban, sans date de sortie en France

Meilleur Film pour enfants : Als Hitler das rosa Kaninchen stahl de Caroline Link, sans date de sortie en France

Lola du public : Das perfekte Geheimnis de Bora Dagtekin, sans date de sortie en France

© Christoph Hellhake / Edgar Reitz Filmstiftung / Deutsche Filmakademie Tous droits réservés

Comme déjà annoncé le 5 mars, c’est le réalisateur allemand Edgar Reitz (* 1932) qui a reçu le prix honorifique de l’Académie du cinéma allemand pour l’ensemble de son œuvre. Le travail de ce génie de la série épique est hélas assez peu connu et exposé en France, puisque seules la troisième et la quatrième partie de son œuvre gigantesque Heimat y ont bénéficié d’une exploitation en salles, aussi confidentielle soit-elle. En même temps, Heimat et Die zweite Heimat, diffusés respectivement en 1984 et ’92, ont été produits pour la télévision allemande, bien que leurs qualités cinématographiques en fassent indubitablement des films à part. Ses confrères de l’Académie du cinéma allemand avaient récemment reconnu déjà le talent hors pair de Reitz, en lui attribuant il y a six ans les prix du Meilleur scénario, de la Meilleure réalisation et du Meilleur Film pour Heimat Chronique d’un rêve et Heimat L’Exode, sortis au cinéma en France en octobre 2013.



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