les enjeux du travail à l’heure des relocalisations


Le groupe Sanofi veut relocaliser en Europe et en France la fabrication des produits actifs des médocs jusqu’à présent en Chine.Photo d’illustration. (MAXPPP)

Aujourd’hui, vendredi 1er-Mai, n’en déplaise au coronavirus, c’est la Fête du Travail et franceinfo pose cette question : après la pandémie, comment travaillera-t-on demain ? Parmi les sujets sur la table, il y a celui des relocalisations. Faire revenir sur le sol français nos industries stratégiques. Cela, aussi, aura un impact sur le travail et l’emploi.

Nombreux sont les secteurs et les entreprises qui ont délocalisé une partie de leur activité à l’étranger. Ce phénomène concerne à la fois des PME et de grosses industries. Beaucoup de PME vers des pays d’Europe de l’Est, mais ce qui nous intéresse ce matin, ce sont les industries lourdes et stratégiques qui, elles, se projettent plus loin, vers les pays en voie de développement et surtout la Chine et l’Inde. Ces secteurs sont nombreux : la santé avec les médicaments, l’informatique, l’automobile, les télécoms, les services, des pans entiers de notre industrie sont aujourd’hui en dehors de nos frontières.

Le débat est tout aussi économique que politique. D’abord parce qu’il en va de notre souveraineté. On le voit depuis le début de la pandémie : nous sommes trop dépendants de l’Asie, par exemple, pour la fabrication de nos médicaments. Et puis politique car la relocalisation pose des questions stratégiques d’ordre fiscal (budgétaire) et technologique. Fiscal pour ce qui est du coût du travail : même si les salaires ont remonté en Chine, produire là-bas revient toujours bien moins cher qu’ici. L’État doit donc s’interroger sur la manière de faire revenir la production et l’emploi en France à coût moindre donc très probablement baisser les charges sur le travail et la production.

Toujours pour les raisons de coût, la pandémie ne va-t-elle pas accélérer l’automatisation et voir l’intelligence artificielle prendre le dessus ? L’intelligence artificielle nous rendra toujours plus de services et on ne va pas s’en plaindre, mais elle coûte moins cher qu’un cerveau humain qui doit se reposer et respecter la législation du travail. L’IA travaille 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, ne tombe jamais malade, ne fait jamais grève. Bref, les relocalisations nécessiteront une vraie régulation de la part des pouvoirs publics pour éviter les dérives et l’apparition d’autres problèmes pour le travail et l’emploi.



FranceTVinfo

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