la guerre des banderoles aura-t-elle lieu ?



« Premiers de corvée », « On n’oublie rien », « Vous ne confinez pas nos colères ». Partout en France, et surtout – si l’on en croit les réseaux sociaux – dans les villes et quartiers marqués à gauche (Toulouse, Montreuil, Nantes), des banderoles sont déployées aux fenêtres. Messages de soutien aux « soignants », blagues de confinement, critique du gouvernement : après la joie militante de 1936, la poésie « situationniste » des slogans de 1968, les jeux de mots acides des « gilets jaunes », allons-nous assister à l’émergence d’un style protestataire propre à la pandémie ?

Les gilets jaunes ont le génie du slogan : la preuve en 11 photos

Bien sûr, la banderole n’a rien de nouveau. Les historiens la font même remonter à la Haute Antiquité et aux Assyriens (en passant par les phylactères juifs et les étendards guerriers), manière de souligner – gravement – qu’il n’y a pas là matière à s’amuser. Les sociologues notent, plus modestement, que les gens sont inventifs : dès « que les moyens d’expression traditionnels ne leur permettent pas d’exprimer leurs doléances, ils investissent des canaux parallèles », comme le dit Denis Saint-Amand, professeur de littérature à l’Université de Namur. C’est ce qu’un autre professeur belge, Jacque Dubois, a appelé une « littérature sauvage ».

Rire jaune

Or, comme toute littérature, il est possible d’en faire l’histoire, mais aussi d’en apprécier la patte, les courants, les ruptures. Comment, donc, juger ce style confinement, qui devrait se donner à v

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nouvelobs

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