la droite réclame un délai de 24 heures avant le vote, le gouvernement refuse


« Ça a l’air d’être de la démocratie, c’est seulement de la brutalité. Personne ne sait où on va et on nous impose un simulacre de démocratie à l’Assemblée nationale. » Jean-Luc Mélenchon n’est pas le seul député à s’indigner de la façon expéditive dont est organisé le vote sur la sortie du confinement. L’Assemblée nationale est censée se prononcer mardi après-midi, immédiatement après la présentation du plan de déconfinement par le Premier ministre Edouard Philippe et le débat qui s’ensuivra, dans un hémicycle en partie vidé de ses députés en raison des mesures sanitaires.

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Les Républicains ont déploré l’impossibilité d’avoir un « temps de réflexion » et appelé à un report du vote à mercredi ou jeudi : « Cette accélération du calendrier est un déni de démocratie », dénonce le président du groupe des députés LR, Damien Abad.

« Nous demandons 24 heures de plus pour un travail de fond en commission et la consultation de nos collègues qui ne pourront siéger. »

Pour Marine Le Pen (RN), « les conditions du vote de mardi, à la suite immédiate d’un discours dont on ne sait rien, sans une loi nous permettant d’amender, sont un artifice du gouvernement pour tenter de nous faire partager sa responsabilité dans le fiasco de la gestion de cette crise sanitaire ».

Au Parti socialiste, Olivier Faure a demandé que le vote attende la présentation de l’ensemble du plan de déconfinement, une condition pour « voter en connaissance de cause ».

La contestation a aussi gagné les rangs de La République en Marche. « Comment le législateur peut-il se prononcer en sérénité sur un “plan de déconfinement” alors qu’il ne le découvrira que quelques minutes avant le vote ? », a ainsi demandé la députée Martine Wonner dans une lettre au président de l’Assemblée Richard Ferrand. Le député LREM Aurélien Taché s’est lui aussi dit favorable à un délai de 24 heures.

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Mais malgré les protestations de tous bords, Matignon a opposé une fin de non-recevoir et le vote sur le plan de déconfinement aura bien lieu dans la foulée de sa présentation mardi à 15h par Edouard Philippe, a appris ce lundi l’AFP de sources parlementaires. Le Premier ministre est attendu sur six thèmes prioritaires : « la santé (masques, tests, isolement…), l’école, le travail, les commerces, les transports et les rassemblements ».

Pour étayer ce refus d’un report, le président de l’Assemblée Richard Ferrand a souligné que la décision du gouvernement de présenter son plan devant l’Assemblée était une marque de considération du Parlement, a rapporté un participant. Un projet de loi, conséquence de cette présentation, devrait conduire l’Assemblée à être saisie avant le 11 mai sur les éléments de nature législative, a-t-il ajouté.

Un vote différent sur le tracking ?

Le vote était initialement prévu le 5 mai, tandis que le mardi 28 avril devait être consacré à un vote sur l’application de traçage StopCovid, qui doit permettre de retrouver les contacts des porteurs du coronavirus. C’est d’ailleurs un second sujet polémique : il a provoqué des remous au sein même de la majorité et sa dilution dans la question du déconfinement est perçue comme une manœuvre politique. « Un vote unique sur le plan déconfinement (et donc sans possibilité de se prononcer sur le traçage numérique en tant que tel) et avec un nombre aussi réduit de députés, ne correspond pas, au regard des enjeux, à un niveau de démocratie parlementaire suffisant », a ainsi estimé dans un tweet Aurélien Taché.

Une position partagée par Damien Adad, qui réclame deux votes, l’un sur le tracking, l’autre sur le déconfinement.

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La majorité rappelle toutefois qu’après la présentation mardi de « l’architecture générale » du plan de déconfinement, il restera une marge de manœuvre pour l’adapter. « Le sujet reviendra devant le Parlement à l’occasion d’un projet de loi, présenté dans un très proche avenir, autorisant la prolongation de l’état d’urgence sanitaire, qui contiendra aussi les dispositions d’ordre législatif indispensables à la mise en œuvre du plan de déconfinement », a précisé à ses troupes le patron des députés LREM Gilles Le Gendre.





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