La région PACA accuse déjà « cinq milliards d’euros de pertes sur la filière touristique », constate son président


Renaud Muselier, le président LR de la région Paca, le 17 janvier 2019, à Paris. (THOMAS SAMSON / AFP)

La région PACA accuse déjà « cinq milliards d’euros de pertes sur la filière touristique », constate son président Renaud Muselier, faisant le bilan de l’impact de la crise du coronavirus. Interrogé par franceinfo, il revient sur les conditions de déconfinement de la région et les problèmes qui demeurent pour une reprise sereine de l’activité le 11 mai.

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franceinfo : Tout à l’heure, le Premier ministre vous a présenté son plan de déconfinement, vous a-t-il convaincu ?

Renaud Muselier : On l’a écouté hier avec beaucoup d’attention. Aujourd’hui, c’était un échange direct avec les hommes et les femmes élus de terrain, les maires, quelle que soit la taille de la commune, les métropoles, les départements et les régions. Et nous avons posé des questions assez simples. Nous avons toute une batterie de réponses tout à fait convenables qui, au fil du temps, règlent un grand nombre de problème. En ce qui concerne les régions, on avait demandé un calendrier. Il a été fixé. Nous avons demandé une méthode. Elle est en cours, elle est posée en tant que doctrine. Nous avons demandé une différenciation. Ce sera le cas avec les départements rouges et verts et nous avons demandé à rajouter la progressivité. La progressivité est un challenge finalement pour chacun et chacune d’entre nous. Non pas les élus, mais la population française pour arriver à changer de comportement avec ce Covid-19 et apprendre à vivre avec et récupérer nos libertés, se battre pour nos libertés, reprendre notre joie de vivre.

Est ce que votre région sera prête le 11 mai ?

Aujourd’hui, sur la base de ce qui a été présenté par le Premier ministre sur les lycées, sur les trains, nous sommes prêts. Sur le volet économique, nous sommes partenaires de l’Etat avec le Fonds de solidarité. Nous avons fabriqué des fonds Covid-résistance pour les plus petites entreprises et demain, nous mettrons en place avec Bruno Le Maire, le volet du plan tourisme pour sauver ce qui peut être sauvé. Ce soir (mercredi 29 avril), j’ai une réunion avec M. Riester (ministre de la Culture) pour voir ce qu’on peut faire pour les festivals. Ça a des conséquences énormes chez nous. Nous avons déjà en perte directe près de 5 milliards d’euros en un mois et demi sur la filière touristique. Donc, est ce qu’on est prêt à redémarrer ? Sur le plan sanitaire, par rapport à la ligne fixée par le premier ministre sur les six départements de la région, nous en avons un vert, quatre oranges et un rouge. J’espère bien que d’ici le 11 mai, on en passe le plus possible en vert et j’espère à la fin du mois que le sixième qui a un peu de retard sera en vert aussi. Il s’agit du département des Bouches du Rhône qui a 1 000 patients considérés comme infectés positifs avec 120 décès.

Dans les compétences des régions, il y a évidemment les transports et les TER. Est-ce-qu’ils rouleront vraiment normalement, y compris avec un siège sur deux condamné, comme l’a dit hier le premier ministre?

Nous sommes prêts pour la réouverture des gares. Il faut compter trois semaines à peu près avec la désinfection et la mise à niveau. C’est complexe, mais tout ça se règle. Au niveau du trafic, la doctrine posée sur les masques pose bien les choses. Il faut des masques. Après, à l’intérieur des rames, l’entrée, la sortie, ça ne pose pas trop de difficultés. Un siège sur deux, ça ne pose pas trop de difficultés. Ce qui nous pose une vraie difficulté, c’est une doctrine qui est inapplicable en France, où on n’aurait pas le droit d’être à moins d’un mètre les uns des autres. Dans un transport en commun, moins d’un mètre ce n’est pas possible, on serait le seul pays au monde à appliquer ça. Et ça, c’est absurde. Il faut donc changer la doctrine et mettre absolument les masques.

Est ce que les cars scolaires fonctionneront comme d’habitude? Là aussi avec un siège sur deux ?

Même problème, sur les cars, les transports interurbains et les transports scolaires. C’est facile pour les montées et descentes. Parce que ça, c’est à deux entrées. Dans un bus, une place sur deux, c’est assez facile et ça sera opérationnel, dans la mesure où nous avons continué à maintenir à flot la totalité des compagnies de cars, qui ne sont donc pas ruinées. Donc nous serons prêts en ce qui concerne le rail et les bus.

Quand les lycées rouvriront-ils ?

On s’y était préparé. On était prêt pour le 18, on était prêt pour la semaine d’après. On nous a dit comme calendrier qu’on nous donnerait la possibilité de rouvrir des lycées début juin. Cette décision devrait être prise fin mai. Là, c’est un peu court. On est prêt à fournir des masques, les gants, les gels hydroalcooliques, on est en phase avec le recteur. Néanmoins, la question que l’on se pose est de savoir s’il est utile d’ouvrir un lycée un 4 juin pour être en grandes vacances scolaires le 4 juillet. Sachant que dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, nous avons fourni des tablettes numériques qui nous permettent de limiter les pertes sur nos lycéens. Ma vraie question est pour les lycées professionnels, tous les baccalauréats pro, toutes les filières où le décrochage est énorme. Est-ce qu’il est concevable, dans cette catégorie de lycées de formation, d’abandonner en septembre tous ces jeunes qui sont à la limite du décrochage ? Là, il y a un vrai problème de fond qui est important à traiter.



FranceTVinfo

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