dans ce monastère de Lourdes, la vie confinée est une vocation


Au bord du Gave de Pau, à Lordes, les murs épais et gris du monastère des Clarisses, sanctuaire fondé en 1877, font office de rempart, jusqu’à présent, contre le coronavirus. Le confinement n’a d’ailleurs pas bouleversé la vie des quinze moniales. « On vit comme d’habitude », commente sœur Marie-des-Anges, qui vit au monastère depuis 36 ans. « On vit en communauté, on a un jardin, on vit en micro-société… » poursuit sœur Marie du Sacré-Cœur, présente, elle, depuis 10 ans. Elle a fait vœu de clôture et ne quitte donc jamais l’espace confiné du monastère où elle se sent finalement privilégiée. « On ne souffre pas comme pourraient souffrir des personnes vraiment isolées. »

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La mère supérieure, sœur Maria-Pia rappelle que c’est la vocation qui les aide à vivre l’enfermement que d’autres subissent. « Nous, nous sommes volontaires, ça ne nous coûte pas. Autrement, ce n’est pas normal d’être enfermé de manière forcée », explique celle qui est arrivée au monastère il y a 60 ans.

Sœur Marie-du-Sacré Coeur, l’une des 15 moniales du monastère des Clarisses, à Lourdes. (SEBASTIEN BAER / RADIO FRANCE)

Même si aucun cas de coronavirus n’a été déclaré au sein du monastère, il y a tout de même une crainte que le virus fasse un jour son apparition dans la communauté. « On partage la même marmite, la même douche, donc je ne me fais pas d’illusion : si une sœur est malade, ça va être multiplié par le nombre de sœurs, on finit toutes par l’être à tour de rôle », remarque sœur Marie du Sacré-Cœur. Pour se protéger, les sœurs ont pris des vitamines, « dès le départ », précise sœur Maria-Pia. « Grâce à Dieu nous ne sommes pas malades et comme nous n’avons pas de contact avec le monde extérieur, on suppose que personne n’est contaminée », analyse la mère supérieure. 

Les quinze moniales prient pour les malades du virus, « tous les jours, à tous les offices, on prie pour chacun d’entre vous », raconte sœur Marie-des-Anges qui confectionne des masques et des blouses pour les soignants. « J’admire leur courage, ils sont plein de dynamisme, je dis chapeau ». 

Sœur Marie-des-Anges dans la salle du parloir du monastère des Clarisses de Lourdes.
Sœur Marie-des-Anges dans la salle du parloir du monastère des Clarisses de Lourdes. (SEBASTIEN BAER / RADIO FRANCE)

A ceux qui trouvent le temps long, les sœurs recommandent de structurer leur journée, sur le modèle de la vie monastique. « Faire un planning, se donner un horaire, se donner un but… », explique sœur Marie des Anges.

Ce qui structure énormément, ce sont nos horaires. Une vie bien régulière, ça donne de la paix

sœur Marie du Sacré-Cœur

Les sœurs espèrent que le monde sortira grandi de cette épreuve et que certains apprendront à vivre différemment, loin du tumulte de leur vie d’avant. « On a tous à redécouvrir quelque chose de positif dans ce confinement », assure sœur Marie du Sacré-Cœur. Sœur Marie-des-Anges est persuadée que « les choses ont changé, les gens ont fait un certain chemin, peut-être sans même s’en rendre compte ».

Sœur Maria-Pia espère quant à elle que le confinement « nous obligera à regarder le monde différemment ».

Soeur Marie-des-Anges, arrivée au monastère en 1985, est l'une des 15 moniales du monastère des Clarisses, à Lourdes.
Soeur Marie-des-Anges, arrivée au monastère en 1985, est l’une des 15 moniales du monastère des Clarisses, à Lourdes. (SEBASTIEN BAER / RADIO FRANCE)



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