Comment le gouvernement a tué dans l’œuf l’espoir d’un déconfinement rapide le 11 mai


Que reste-il du 11 mai ? La date avait été martelée par Emmanuel Macron lors de son allocution le 13 avril, onze fois en tout. Certes, le chef de l’Etat avait pris des précautions, en évoquant non pas « le déconfinement » mais « la fin du confinement le plus strict ». En assurant, aussi, ne pas savoir quand les Français pourraient « renouer avec la vie d’avant ». Mais l’engagement sur une date de fin de confinement, inédit, a tout de même suscité de grands espoirs. Et c’était prévisible.

Depuis, les ministres défilent et douchent chaque jour un peu plus l’espoir de voir un déconfinement printanier et surtout, un retour à la « vie normale » avant cette date, comme vous pouvez le constater dans notre montage ci-dessous :

Les précieux conseils d’un Français confiné dans le Grand Nord canadien depuis 19 ans

Dès le lendemain de l’allocution présidentielle, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner parlait sur France-Inter de « date d’objectif ». « Ce n’est pas le déconfinement le 11 mai. C’est la fin du confinement le 11 mai. »

Son collègue, Gérald Darmanin, interrogé par Franceinfo le même jour, évoquait la difficulté d’avoir « des certitudes » sur le calendrier : « Le plus important, c’est que sanitairement, la France soit prête .»

Le délit de non-respect du confinement est-il constitutionnel ?

Poursuite du télétravail

Même scénario sur l’école. Alors qu’Emmanuel Macron avait dit faire de la « réouverture progressive » des établissements le 11 mai « une priorité », son ministre Jean-Michel Blanquer a dû nuancer dès le lendemain dans « Télématin » sur France 2. « Toutes les écoles ne seront pas ouvertes le lundi 11 mai », a-t-il assuré, précisant que « ça ne se ferait pas du jour au lendemain ». Un retour à l’école étalé sur trois semaines, par niveaux de classe, est privilégié. Un plan précisé ce mardi 21 avril, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessous :

Edouard Philippe a lui aussi insisté sur le caractère « progressif » du déconfinement, lors d’une conférence de presse dimanche 19 avril. « Ce n’est pas le retour à la situation qui prévalait avant, ce n’est pas le retour à une vie normale », a-t-il déclaré, avant d’esquisser certaines pistes pour dessiner « l’après », comme l’obligation du port de masque « grand public » dans les transports en commun ou la poursuite du télétravail « dans la mesure du possible ». « Nous allons devoir apprendre à vivre avec le virus », a-t-il affirmé.

Le médecin urgentiste Gérald Kierzek a estimé sur LCI qu’il y avait eu « méprise » sur les propos du président de la République.

« On a eu après le discours présidentiel l’impression que voilà, le 11 mai, on allait sortir et on allait rallumer la lumière. Elle avait été coupée avec le confinement et ça y est, maintenant c’était fini. Et là, c’est une clarification. »

Et de poursuivre :

« Tout le monde a interprété ça comme étant une bonne nouvelle en disant : “S’il prolonge jusqu’au 11 mai, ça veut dire que le 12 mai, on est dehors. Mais en fait, c’est pas du tout ça. »Ces chercheurs ont 275 idées pour éviter une seconde vague de Covid-19 lors du déconfinement

Hypothèque sur les voyages cet été

Ajoutez à cela le maintien de la fermeture des restaurants et bars, musées, salles de cinéma ou encore l’annulation en pagaille des festivals, on commence à imaginer un « après » confinement qui n’a plus rien de l’insouciance du printemps. Vous deviez assister à un mariage au mois de mai ? « Difficile à envisager » dans un lieu confiné, pour Edourard Philippe.

« Organiser un rassemblement le 12 mai pour un mariage, ce n’est sans doute pas une bonne idée vu l’état de circulation du virus aujourd’hui, a expliqué Sibeth Ndiaye sur la chaîne de radio Franceinfo. Est-ce que vous voulez le faire en petit comité ou avoir toute votre famille et vos amis autour de vous ? C’est un choix personnel. »

Et ce n’est pas mieux pour l’été : les vacances, « peu probable d’imaginer » les passer à l’étranger, selon le Premier ministre. « J’en appelle à la prudence » avant de réserver un voyage, a complété la porte-parole du gouvernement lundi.

M.La





nouvelobs

A lire aussi

Laisser un commentaire