comment la porte-parole du gouvernement justifie la volte-face sur le port du masque


D’inutile à probablement obligatoire, au moins dans les transports, comment le gouvernement justifie-t-il son rétropédalage sur le port du masque ? Sommé par Emmanuel Macron de présenter un plan de déconfinement avant la fin avril, Edouard Philippe en a dessiné dimanche les grands principes lors d’une conférence de presse, mais sans entrer dans les détails. Ce point presse a néanmoins confirmé une chose : la volte-face du gouvernement sur l’épineuse question du port du masque.

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Interrogée sur le sujet par Franceinfo, ce lundi 20 avril, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye est revenue sur la doctrine de l’exécutif sur les masques, mais sans reconnaître de faute. Pour justifier la position pour le moins fluctuante du gouvernement, la porte-parole a mis en avant, une nouvelle fois, l’absence de consensus scientifique sur ce point. « Le ministre de la Santé a redit qu’il n’y avait pas de consensus scientifique à ce stade sur l’utilité de l’utilisation du masque pour tous les Français », a-t-elle martelé.

« Bien que ce consensus n’existe pas, nous nous préparons d’ores et déjà, et c’est la raison pour laquelle la France est le seul pays à avoir homologué et fait certifier des masques en tissu avec des matériaux spécifiques […] ces fameux masques grand public qui n’ont pas le même pouvoir de protection que ce qu’on va trouver en milieu hospitalier. »

Si l’Académie de Médecine juge depuis début avril qu’un masque « grand public » devrait être rendu obligatoire pour les sorties pendant et après le confinement, Sibeth Ndiaye a fait valoir à l’antenne que l’OMS, elle, ne le recommande pas. Un argument qu’elle avait déjà avancé sur Franceinfo, le 9 avril dernier. Mais comme le rappelait « Libération », il y a quelques jours, l’intérêt de porter un masque n’est pas remis en question par l’OMS. « L’organisation estime simplement que le déploiement de cette solution ne peut venir qu’en complément des actions prioritaires liées à l’hygiène et à la distanciation sociale. »

Les masques obligatoires dans les transports ?

Après avoir longtemps martelé que les masques étaient inutiles contre le coronavirus quand on n’est pas malade, ou à l’instar de Sibeth Ndiaye laisser entendre que les Français ne savaient pas s’en servir, le ton de l’exécutif a donc définitivement changé, même si son discours comporte encore un certain flou.

Confirmant que le gouvernement envisageait désormais une « extension » du port du masque, Edouard Philippe et Olivier Véran ont annoncé dimanche la production hebdomadaire de 17 millions de masques « grand public » par semaine, en plus des nombreuses importations en cours. L’objectif : faire en sorte que tous les Français aient accès à des masques le 11 mai.

Où sont les masques ? Le scandale d’une pénurie

Pour contenir une éventuelle deuxième vague de l’épidémie en France, le Premier ministre a annoncé qu’il était « probable » que les masques soient obligatoires pour tous dans les transports publics à partir du 11 mai. Soit un discours bien différent de celui tenu au début du confinement.

Le plan du déconfinement « n’est pas prêt »

La porte-parole du gouvernement a par ailleurs réclamé lundi de la patience car le gouvernement a « besoin du temps » pour préparer son plan de déconfinement qui sera présenté avant la fin avril. « Je sais que c’est très frustrant de pas avoir ce lundi matin toutes les réponses pour savoir ce qui se passera le 11 mai, mais nous avons besoin de temps pour travailler », a-t-elle expliqué, en répétant que le « plan n’est pas prêt ».

« Nous avons aujourd’hui tous les ministères qui travaillent d’arrache-pied, en lien avec la mission de Jean Castex, pour savoir, au fond, dans chacune des étapes de votre vie après le confinement, qu’est-ce qui devra se passer, a-t-elle expliqué. Ça nécessite un peu de temps, de travail et c’est pour ça que je ne peux pas vous apporter ce matin toutes les réponses que les Français sont en droit d’attendre. »





nouvelobs

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