la Fédération de la vente à distance appelle « toutes les entreprises à mettre en place les mesures pour protéger les salariés »


François Momboisse, le président de la Fédération du e-commerce et de la vente à distance, évoque la reprise du travail dans les entrepôts des grandes enseignes de vente à distance.

Après cinq semaines de fermeture, Ikea relance ses ventes en ligne et livraisons à domicile. 1 300 salariés, soit 15 à 20 % des employés sont de retour dans les entrepôts, ce qui suscite l’inquiétude dans les rangs des syndicats. François Momboisse, le président de la Fédération du e-commerce et de la vente à distance, appelle les entreprises du secteur à étudier, avec les représentants du personnel, comment travailler différemment dans le cadre du coronavirus.

franceinfo : Avez-vous été surpris par la décision d’Ikéa ?

François Momboisse : Je pense que les entreprises sont toutes en train de voir comment réapprendre à vivre avec le virus qui, malheureusement, n’aura pas disparu ni dimanche, ni le 11 mai, ni le 11 juin. Il faut que l’on arrive à savoir comment travailler avec le virus. La sécurité du personnel est un élément essentiel. On appelle toutes les entreprises à suivre les gestes barrières, et dans le cas du dialogue social, à mettre en place les mesures pour protéger les salariés.

Considérez-vous que les meubles sont des biens « essentiels » ?

Je ne sais pas s’il faut rentrer dans ce débat. Dans les premières semaines de confinement, il y a eu une atonie totale des ventes, les gens n’achetaient que de l’alimentaire. Au bout de cinq semaines, il y a des choses à remplacer dans les maisons, les appartements, des choses qui n’étaient pas jugées comme essentielles, comme les habits, le textile. Il y a des choses qu’il faut racheter. Les gens commencent à vouloir racheter des produits et je ne pense pas qu’il faille dire cela est essentiel, et cela ne l’est pas. Il faut que toutes les entreprises, en discutant avec les représentants du personnel, voient comment travailler différemment dans le cadre de ce virus, qui ne partira pas tout de suite.

Avez-vous des retours sur les conditions sanitaires ? De manière générale, sont-elles réunies lors de la reprise du travail dans les entrepôts ?

Je crois que ce n’est pas vraiment de façon globale. Chaque entrepôt, chaque entreprise doit mettre en place des mesures dans le cadre du dialogue social et doit faire en sorte de s’adapter le mieux possible. Voir comment on peut travailler de manière différente, la distance entre les collaborateurs, le nettoyage des lieux, des surfaces, les gants, les masques. Il faut qu’à chaque fois, avec l’inspection du travail s’il le faut, avec les syndicats, on voit comment s’adapter. Ce n’est pas facile.

Comment expliquer aux consommateurs qu’Ikea reprend son activité, alors qu’Amazon arrête partiellement la sienne ?

Amazon n’arrête pas son activité. Les activités dans les entrepôts sont visées par une décision de justice, mais l’entreprise fournit les commandes avec les entrepôts à l’étranger, le temps de mettre en place ce que demande la justice.

Y a t-il des secteurs qui résistent grâce à ces livraisons et au e-commerce ?

Au début les produits les plus achetés étaient les produits alimentaires, avec le système du Drive. Peu à peu, les gens ont acheté d’autres produits, du textile, des jouets pour occuper les enfants, du matériel informatique. La durée du confinement fait qu’il y a des demandes de toutes sortes de produits.



FranceTVinfo

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