Test DVD : Official secrets


Official secrets

 
Royaume-Uni, États-Unis : 2019
Titre original : –
Réalisateur : Gavin Hood
Scénario : Gregory Bernstein, Sara Bernstein, Gavin Hood
Acteurs : Keira Knightley, Matt Smith, Ralph Fiennes
Éditeur : Wild Side Vidéo
Genre : Thriller
Durée : 1h48
Date de sortie DVD/BR : 11 mars 2020

 

2003, la guerre d’Irak se profile. Katharine Gun, employée des renseignements britanniques, reçoit une note de la NSA : les États-Unis sollicitent l’aide de la Grande-Bretagne pour rassembler des informations compromettantes sur certains membres de l’ONU afin de les obliger à voter en faveur de l’invasion. Gun prend alors la décision de divulguer le mémo à la presse. En choisissant d’exposer cette vaste conspiration politique, la lanceuse d’alerte va tout risquer : sa vie, sa famille, sa liberté…

 


 

Le film

[3/5]

Derrière chaque nouvelle « affaire », chaque nouveau scandale ou chaque nouvelle controverse, il y a un jour eu un « lanceur d’alerte » : une personne ou un groupe de personnes qui, ayant connaissance d’un danger, adresse un signal d’alarme afin d’enclencher un processus de régulation ou de mobilisation collective. Snowden, Seule contre tous, Erin Brockovich, The informant, Pentagon papers, La fille de Brest, Au nom des femmes…. Depuis le tournant de l’année 2000, la liste des films inspirés par le phénomène des lanceurs / lanceuses d’alerte ne cesse de s’allonger.

A de très rares exceptions près, le principal intérêt de ces adaptations plus ou moins romancées de faits réels n’est pas d’ordre purement cinématographique – leur valeur tient surtout dans le courage et les prises de position que véhicule la mise en chantier d’un projet dénonçant telle ou telle affaire, qu’elle soit d’État ou dénonçant des entreprises privées. C’est un peu l’idée de la « double peine » : après avoir secoué une première fois l’opinion publique – bien souvent à petite échelle – le film sur le lanceur d’alerte en remettra encore une couche, en revenant de façon didactique sur les tenants et aboutissants de l’affaire, sur le courage de ces personnes de l’ombre, ainsi que sur la façon dont les choses se sont finalement terminées. Un bon film de ce genre doit indigner le spectateur, et provoquer l’empathie pour le lanceur d’alerte, nouvelle figure du martyr contemporain.

Official secrets appartient donc pile poil à ce genre : on y découvrira l’histoire de Katharine Gun, traductrice travaillant pour le renseignement britannique qui, en 2003, a divulgué au journal The Observer des informations classées secrètes concernant une demande de renseignements venant des États-Unis, au sujet de diplomates de membres du Conseil de sécurité, qui devaient voter sur une deuxième résolution des Nations Unies sur une invasion potentielle de l’Irak. Dans le cas de Gun, le fait de pointer du doigt les magouilles politiques qui liaient les cabinets de Tony Blair et de George W. Bush n’a pas été suffisant afin d’empêcher l’invasion de l’Irak, ce qui contribue, dans le film de Gavin Hood, à accentuer encore l’idée d’injustice révoltante autour de cette affaire, mais également à donner à Katharine Gun l’image d’un David luttant contre Goliath, ou de Don Quichotte affrontant les moulins à vent.

Même si bien sûr le film ne parvient pas à éviter la platitude formelle typique de ce genre de récit, on admettra tout de même qu’Official secrets est globalement très correctement torché, et déroule son intrigue sur un rythme relativement soutenu. Le film suivra donc le personnage de Katharine Gun (interprété par une Keira Knightley qui ne lui ressemble absolument pas), qui se lance dans un combat qui semble perdu d’avance. Contre toute attente, Gavin Hood réssira à impliquer le spectateur dans son histoire de façon assez remarquable, même si bien sûr les moments les plus palpitants d’un point de vue cinématographique consisteront en un personnage imprimant un e-mail en cachette ou se sentant observé dans les transports en commun. Habile, Official secrets prend son temps afin de plonger le spectateur du côté du foyer de Katharine Gun, mais également dans les rédactions – forcément houleuses et enfiévrées, et peuplées de journalistes toujours prompts à sauver la veuve et l’orphelin. Si le film n’évite certes pas non plus les scènes de dialogues et/ou d’intimidation polie qui pourront peut-être paraître vaguement longuettes et répétitives, il n’en fallait pas moins pour démontrer l’acharnement de cette femme luttant contre l’administration pour des motifs nobles et justes. De fait, la plus grande réussite du film réside probablement dans ce portrait de femme, et dans la façon très habile dont le final remettra en cause la légalité même de la guerre en Irak.

 

 

Le DVD

[4/5]

Official secrets est sorti en Blu-ray et DVD le 11 mars 2020 chez Wild Side Vidéo, soit quelques jours seulement avant le début du confinement lié à la crise sanitaire du COVID-19. Malheureusement, l’éditeur n’avait alors pu nous fournir qu’une version DVD du film de Gavin Hood. La photographie du film, signée Florian Hoffmeister, étant relativement banale, on s’en contentera pour cette fois tout à fait. D’autant que le DVD édité par Wild Side est à l’image de ce que nous offre l’éditeur depuis des années en matière d’encodage sur support à définition standard : définition sans faille, précision de tous les instants, colorimétrie tout à fait satisfaisante, dans les limites naturelles d’un encodage en MPEG-2 bien entendu. Côté son, VF et VO sont proposée dans des mixages Dolby Digital 5.1 tout à fait sobres l’un comme l’autre : la spatialisation se concentre essentiellement sur la restitution des ambiances – le film ne se prête de toute façon pas réellement à la démonstration technique. On notera également que Wild Side n’oublie pas les cinéphiles qui visionnent leurs films à domicile sans utiliser de Home Cinema, puisque l’éditeur nous propose également un mixage VO en Dolby Digital 2.0, qui constituera une option plus cohérente si vous visionnez Official secrets sur un « simple » téléviseur.

Côté suppléments, on trouvera, outre la traditionnelle bande-annonce du film, une série d’entretiens avec l’équipe du film (16 minutes), qui donnera notamment au spectateur l’occasion de découvrir la « vraie » Katharine Gun.

 



Critique film

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