Législatives plébiscitées en Corée du Sud malgré le virus, Moon conforté



Les Sud-Coréens ont voté en masse mercredi lors des législatives, le visage masqué et les mains gantées, pour plébisciter la gestion de l’épidémie de Covid-19 par le président de centre gauche Moon Jae-in, à en croire les sondages réalisés à la sortie des urnes.

Prise de température générale, isoloirs spéciaux pour les électeurs fiévreux, bureaux de vote dédiés aux personnes en quarantaine… La Corée du Sud était un des premiers pays confrontés au nouveau coronavirus à organiser malgré tout des élections nationales.

Signe de l’optimisme quant à la gestion de la crise sanitaire, la participation -au moins 63,8%- n’a jamais été aussi haute lors de législatives depuis 2000.

Et un sondage sortie des urnes de la chaîne publique KBS donne la coalition formée par le Parti démocratique (centre-gauche) de M. Moon et une formation alliée largement en tête avec entre 155 et 178 sièges dans une Assemblée nationale qui en compte 300.

Cette enquête avance que le Parti pour un avenir uni (opposition conservatrice) et ses alliés totaliseraient entre 107 et 130 députés.

Le port du masque était obligatoire pour les électeurs qui, dans les files d’attente aux abords des bureaux de vote, devaient se tenir au minimum à un mètre les uns des autres.

– « Très bien organisé » –

Leur température était prise de façon systématique et tous devaient se frotter les mains avec du gel hydro-alcoolique avant d’enfiler des gants en plastique pour voter. Ceux qui présentaient de la fièvre étaient dirigés vers un isoloir spécial désinfecté après chaque passage.

« C’est très bien organisé », a salué Kim Gwang-woo, 80 ans. « Les gens gardent leurs distances et tout le monde porte des gants. »

La Corée du Sud était fin février le deuxième plus important foyer de contamination au monde après la Chine. Mais elle est parvenue à inverser la tendance grâce à une stratégie de dépistage massif et d’investigation poussée sur les personnes entrées en contact avec les malades.

Mercredi, Séoul a pour la septième journée d’affilée annoncé un bilan quotidien inférieur à 40 nouvelles contaminations (27 cas sur 24 heures). Au total, 11.000 personnes ont été infectées en Corée du Sud dont 225 sont mortes.

Les personnes en quarantaine à domicile ont eu le droit, si elles ne présentaient pas de symptômes, de sortir déposer leur bulletin juste après la fermeture des bureaux à 18H00.

Des urnes dédiées avaient par ailleurs été mises en place ce week-end dans huit centres de quarantaine.

La pandémie a forcément eu un impact sur la campagne, les candidats renonçant aux poignées de main et à la traditionnelle distribution de tracts. Beaucoup se sont rabattus sur les réseaux sociaux pour entrer en contact avec leurs électeurs.

– Moon sans doute conforté –

Selon un sondage réalisé la semaine dernière par Gallup Korea, 27% des électeurs se disaient réticents à aller voter du fait de la pandémie. Mais 72% disaient n’avoir aucune inquiétude.

La présidence de M. Moon n’était pas directement en jeu car le chef de l’Etat est élu lors d’un scrutin distinct. Mais les législatives sont souvent considérées en Corée du Sud comme un référendum sur l’action du président.

Il y a quelques mois, M. Moon était la cible de nombreuses critiques en raison du ralentissement économique et de l’enlisement des négociations avec le Nord, dont il était un ardent défenseur.

Mais sa cote de popularité, tombée à 41% d’opinions favorables fin janvier, était à 57% la semaine dernière, selon Gallup. Une remontée due essentiellement à sa gestion de la crise sanitaire.

« La Corée du Sud a montré des capacités extraordinaires pour contenir (le virus), si on compare avec la façon dont l’épidémie a été gérée ailleurs », déclare Kim Ki-chul, 33 ans, venu déposer son bulletin. Il explique que la baisse des cas de contamination l’a encouragé à sortir voter.

L’épidémie a d’abord plombé le gouvernement, observe Hahn Kyu-sup, professeur à l’Université nationale de Séoul, en référence à la phase, fin février, durant laquelle le nombre de cas a explosé.

« Mais désormais, au moment où le virus se propage dans d’autres pays, comme les avis sont favorables concernant la façon dont la Corée du Sud a géré la crise, l’épidémie joue en faveur du gouvernement. »



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