Comment les partenaires sociaux travaillent ensemble



Un pavé dans la mare et une grosse polémique. Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, n’y est pas allé par quatre chemins le week-end dernier en ressortant de son chapeau une vieille antienne du patronat: « Il faudra bien se poser tôt ou tard la question du temps de travail, des jours fériés et des congés payés pour accompagner la reprise économique », a-t-il déclaré. Cette sortie de route médiatique, qui traduit l’extrême nervosité du patronat face au tsunami économique provoqué par le Covid-19, a fait bondir la CFDT, premier syndicat de France: « Demander aux Français de travailler plus est indécent », s’est emporté Laurent Berger, le leader de la confédération. Même tonalité du côté de Force ouvrière: « Le patronat exerce une pression à la reprise de l’économie, commente Yves Veyrier, son secrétaire général. On a le sentiment qu’on risque de mettre en balance la santé avec l’activité. »

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« Malgré les divergences de chacun, tous les acteurs s’écoutent »

Face à la bronca, le Medef a été obligé de rétropédaler pour ne pas gripper un dialogue très intense depuis le début l’épidémie du Covid-19 entre syndicats, patronat et l’exécutif. « Nous ne nous sommes jamais autant parlé, avance François Hommeril, secrétaire général de la CFE-CGC. Malgré les divergences de chacun, tous les acteurs s’écoutent et c’est très productif pour trouver des solutions intelligentes. On fait remonter des problématiques de terrain qui permettent de corriger des dispositifs. » Cette oreille attentive traduit un changement d’attitude du gouvernement à l’égard des partenaires sociaux, peu écoutés depuis le début du quinquennat.

Ce constat est partagé par la CFDT, premier syndicat de France: « Jusqu’à présent, nous avons beaucoup travaillé sur les mesures d’urgence comme le chômage partiel, confie Yvan Ricordeau, secrétaire national CFDT. Maintenant, il faut envisager la suite avec un protocole de déconfinement négocié entre partenaires sociaux et le gouvernement. Nous avons fait cette proposition au président de la République vendredi dernier. »

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Des discussions intenses dans les branches

Les pourparlers sont aussi nombreux dans certaines branches professionnelles comme la métallurgie, la première à avoir conclu le 3 avril un accord pour faire redémarrer les usines. Il permet notamment à un employeur en baisse d’activité d’imposer à ses salariés des congés payés deux jours à l’avance, contre un mois en période normal. « Dès l’annonce du confinement, il nous est apparu important de nous retrouver avec comme priorité absolue la préservation de la santé de nos salariés et à partir de cela, la nécessité de trouver les conditions d’une reprise si possible rapide de l’activité, explique Hugues Mongon, le délégué général de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM). Nous ne pouvons pas nous offrir le luxe d’une rupture économique totale. Nous devons tout faire pour que le confinement n’empêche pas le redémarrage de l’activité. »

Sur le terrain, les discussions, parfois longues et laborieuses, entre patronat et syndicats commencent à porter leur fruit: Toyota a annoncé que son usine de Valenciennes redémarrerait le 22 avril prochain. Même topo pour la manufacture de Bosh à Rodez qui après quatre tentatives ratées, en raison de l‘opposition des organisations de salariés, a finalement rouvert ses portes le 14 avril.

Reste une constante dans le paysage social: la position contestataire de la CGT qui appelle à la grève dans la fonction publique tout le mois d’avril. La centrale de Montreuil est aux avant-postes pour défendre les petits salaires, très souvent en première ligne, en demandant dans une lettre envoyé au président de la République la revalorisation du smic. « La CGT fait un pari risqué: elle veut capter la colère qui pourrait apparaître à l’automne prochain après la crise », observe Bernard Vivier, directeur de l’Institut supérieur du travail.

Un pavé dans la mare et une grosse polémique. Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, n’y est pas allé par quatre chemins le week-end dernier en ressortant de son chapeau une vieille antienne du patronat: « Il faudra bien se poser tôt ou tard la question du temps de travail, des jours fériés et des congés payés pour accompagner la reprise économique », a-t-il déclaré. Cette sortie de route médiatique, qui traduit l’extrême nervosité du patronat face au tsunami économique provoqué par le Covid-19, a fait bondir la CFDT, premier syndicat de France: « Demander aux Français de travailler plus est indécent », s’est emporté Laurent Berger, le leader de la confédération. Même tonalité du côté de Force ouvrière: « Le patronat exerce une pression à la reprise de l’économie, commente Yves Veyrier, son secrétaire général. On a le sentiment qu’on risque de mettre en balance la santé avec l’activité. »

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