l’État met 100 milliards d’euros sur la table


Le ministère de l’Economie et des Finances à Bercy (Paris). (CATHERINE GRAIN / RADIO FRANCE)

Dans une interview dans le journal Les Échos, Bruno Le Maire annonce que le plan d’urgence pour l’économie va passer de 45 à 100 milliards d’euros. Il double le budget prévu.      

Le tsunami est tel que l’État français sort l’artillerie lourde pour éviter le naufrage économique, sauver les entreprises, aider les travailleurs. Du coup, le plan d’urgence, vous l’avez dit, est augmenté, jusqu’à 100 milliards d’euros. Très concrètement, ces 100 milliards d’euros vont payer le chômage partiel. La facture dépasse déjà plus de 20 milliards d’euros, alors qu’au début du confinement, Bercy prévoyait 8 milliards. Ces 100 milliards vont aussi financer les reports de charges pour les entreprises, alimenter le fonds de solidarité pour les indépendants dont les demandes explosent, pour résister face à l’ampleur de la catastrophe.

C’est d’ailleurs la première fois que le ministre de l’Économie donne le niveau de la récession au niveau annuel : jusqu’alors il s’en tenait à une prévision trimestrielle. Et c’est particulièrement sombre puisque pour 2020, la chute du PIB , du produit intérieur brut, c’est-à-dire de la richesse produite collectivement, atteint 6%. Et comme la France n’a pas de marge de manœuvre budgétaire, les déficits explosent et on emprunte à tout va. Résultat : notre dette va atteindre 112% du produit intérieur brut cette année.  Le ministre répète : « Il s’agit de la plus grande récession en France depuis 1945.«   

Le sujet est très sensible en ce moment, et ce n’est pas un hasard si Bruno Le Maire évoque des dépenses « exceptionnelles » dédiées à la santé. L’enveloppe va passer de 2 à 7 milliards d’euros.  Là encore, l’État met de l’argent en plus pour financer des achats de matériels , comme les masques promis par Emmanuel Macron, mais aussi pour revaloriser les salaires des personnels soignants qui sont au front. Et c’est une première : certains fonctionnaires et agents des collectivités vont aussi recevoir des primes. Pour l’instant on n’en connaît pas les montants ni les bénéficiaires. C’est encore « en arbitrage » mais c’est une annonce. Et ces primes seront défiscalisées.  

On savait déjà que le confinement allait être prolongé au-delà du 15 avril ; mais une chose est sûre, c’est qu’au niveau économique, le déconfinement va se faire par étape selon les secteurs d’activité. Le gouvernement dit établir un plan avec toutes les filières pour préparer au mieux la sortie et la reprise. Et on attend l’allocution d’Emmanuel Macron lundi pour en savoir plus.



FranceTVinfo

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