Coronavirus: la France double son plan d’urgence pour contrer une récession prévue à 6% cette année



Le gouvernement prévoit désormais que le produit intérieur brut (PIB) français chute de 6% cette année avec une explosion du déficit public à 7,6%, ont annoncé jeudi les ministres de l’Economie Bruno Le Maire et des Comptes publics Gérald Darmanin dans un entretien aux Echos.

« Il s’agit de la plus grande récession en France depuis 1945. Des inconnues demeurent et cette prévision peut encore évoluer, notamment s’agissant de la durée du confinement et des modalités de sortie », a indiqué Bruno Le Maire, qui table aussi sur une reprise « progressive ».

Cette nouvelle prévision sera intégrée au projet de loi de finances rectificative présenté la semaine prochaine en conseil des ministres et examiné dans la foulée au Parlement.

Chaque semaine de confinement pèse un peu plus sur l’activité des entreprises et alourdit d’autant la récession économique.

Cet effondrement de 6% du PIB correspondrait ainsi à un confinement de deux mois, soit jusqu’à la mi-mai, selon les estimations de l’Insee.

Pour faire face à cette crise sanitaire et économique inédite, et mettre en application le « quoi qu’il en coûte » présidentiel, le gouvernement a aussi dû muscler son plan d’urgence.

Face aux besoins croissants des entreprises en matière de reports de charge et de chômage partiel notamment, il passera de 45 à 100 milliards d’euros.

Les dépenses « exceptionnelles » dédiées à la santé vont aussi augmenter de 2 à 7 milliards d’euros.

Conséquence de cette récession et du renforcement des mesures de soutien, le déficit public va grimper à 7,6% du PIB et la dette publique exploser à 112% cette année, ont prévenu les ministres.

« Cette dette répond à un impératif: éviter les faillites d’entreprises et le naufrage de notre économie. Sur le long terme, il est nécessaire de disposer de finances publiques saines et de réduire la dette », a défendu Bruno Le Maire.

Le projet de budget rectifié prévoit également des primes pour les personnels soignants et certains fonctionnaires, dont les montant sont encore « en arbitrage ».



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