Qu’attend le gouvernement pour recommander ou imposer le port du masque ?



Il faut avoir le courage de dire que l’on s’est trompé. Surtout lorsqu’on exerce les plus hautes responsabilités. Et, encore plus, lorsqu’il en va de la vie d’une Nation. Oui, le port du masque permet (très probablement) de limiter la propagation de l’épidémie. Non, il ne faut pas le limiter, mais le généraliser. C’est d’ailleurs ce que recommandent désormais les voix les plus autorisées, partout sur la planète.

Le coronavirus pourrait se transmettre… en respirant et en parlant

En Allemagne, l’Institut Robert-Koch, l’établissement de référence en santé publique, encourage les citoyens à porter en public des « masques faits maison » pour limiter la propagation du virus. Un avis partagé en France par l’Académie de médecine qui a jugé hier qu’un masque « grand public » devrait être rendu obligatoire pour les sorties pendant et après le confinement. « La grosse erreur aux Etats-Unis et en Europe, c’est que les gens ne portent pas de masques », surenchérit, le scientifique Gao Fu, responsable du Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies, peut être le meilleur spécialiste mondial de l’épidémie de Covid-19.

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Obligatoire dans certains pays

Car, aujourd’hui, l’hypothèse selon laquelle le coronavirus pourrait se diffuser via l’air expiré (les « aérosols » dans le jargon scientifique) est de plus en plus souvent avancée. Nombre de scientifiques, à l’image du très respecté spécialiste américain Anthony Fauci, suspectent que « le virus puisse se transmettre quand les gens ne font que parler, plutôt que seulement lorsqu’ils éternuent ou toussent ».

Voilà qui expliquerait la haute contagiosité du virus, transmis par des patients sans symptôme. C’est donc en intégrant cette éventualité que les autorités sanitaires américaines ont recommandé le port du masque. Et que le maire de New York Bill de Blasio implore les habitants de se couvrir le visage lorsqu’ils sortent, « même avec un simple foulard ou un bandana ». En Europe de l’Est, le masque est d’ailleurs obligatoire en République Tchèque et en Slovénie. L’Autriche l’a généralisé dans les supermarchés.

La pénurie actuelle ne doit pas contraindre le gouvernement dans sa communication. Son discours de ces dernières semaines (que l’on peut comprendre sans pour autant l’admettre) était avant tout destiné à éviter que le grand public se rue sur les protections réservées aux soignants (les masques chirurgicaux et les FFP2, plus protecteurs). C’était une erreur. Grave. Pour autant, plus grave encore serait de persister dans cette position.

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Un bout de tissu bloque les projections

Car, comme l’explique à l’AFP le professeur KK Cheng, spécialiste de santé publique à l’université de Birmingham (Angleterre), « si tout le monde en porte, cela fonctionne » et, ajoute-t-il, « un masque très basique suffit, car un bout de tissu peut bloquer les projections » contaminées émises par un malade. « Ce n’est pas parfait, mais c’est beaucoup mieux que rien », conclut le scientifique.

Oui, porter un masque (même artisanal, même composé avec une simple serviette en papier et deux élastiques, ou un tissu protecteur), permettra de limiter la propagation de l’épidémie. Et rendra plus utile le confinement. Qu’attend donc le gouvernement pour énoncer cette vérité.

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nouvelobs

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