Test Blu-ray : La quatrième dimension – L’intégrale


Test Blu-ray : La quatrième dimension – L’intégrale

 
 
États-Unis : 1959-1964
Titre original : The twilight zone
Création : Rod Serling
Acteurs : Rod Serling, Robert McCord, Jay Overholts
Éditeur : Universal Pictures / L’atelier d’images
Durée : 73h environ
Genre : Série TV, Fantastique
Date de sortie DVD/BR : 4 décembre 2019

Une série novatrice et originale par bien des aspects. Ces incroyables histoires étranges et énigmatiques ont pour but, comme le disait le créateur de la série, Rod Serling, « de frapper le téléspectateur, de le choquer par la chute toujours inattendue, surprenante et singulière » qui achève chaque épisode…

 


 

Une série grandiose et incontournable

[5/5]

Décembre 2019, dans la froideur glaciale du nord de la France. L’auteur de ces lignes vient de terminer le visionnage de l’intégralité des épisodes de La quatrième dimension, qui viennent de sortir sur support Blu-ray. La tête encore pleine des récits étranges et pénétrants imaginés par Rod Serling et sa bande d’auteurs (Richard Matheson, Charles Beaumont, Lewis Padgett, Ray Bradbury…) entre 1959 et 1964, il s’échine à la rédaction de son test, ne sachant pas tellement par où commencer pour aborder une série aussi riche. Après avoir rédigé quelques lignes, il est pris d’une curieuse et singulière impression de déjà-vu, provoquant chez lui une étrange sueur froide courant le long de son échine. Saisissant de la main gauche ses feuillets manuscrits, il revient sur les quelques mots qu’il vient de scribouiller…

« Enfin, voici qu’arrive en Blu-ray l’intégrale de La quatrième dimension… le moins que l’on puisse dire, c’est que ça valait le coup d’attendre ! Le résultat à l’écran est absolument bluffant. L’image est sublime, proposant un piqué et une définition que l’on n’aurait même pas osé imaginer. Les contrastes sont bien gérés, le grain argentique a été préservé, bref, la série reprend méchamment de la gueule, et les fans seront aux anges. »

Damnation, horreur ! Stupéfait, le rédacteur n’en croit littéralement pas ses yeux. Ces lignes, il les a déjà écrites, quasiment à la virgule près, dans le coin de cave qu’il partageait, en 2011/2012, avec d’autres chroniqueurs vidéo, alors qu’ils étaient exploités par un site concurrent, s’était depuis spécialisé dans le recyclage de news et autres articles consacrés au box-office des productions Disney, Marvel, DC et aux blockbusters qui inondent les salles des multiplexes. Un bond de plusieurs années dans le passé… Le voilà par on ne sait quel mystère spatio-temporel, revenu à la date du 22 octobre 2011, sous son pseudo de l’époque – paniqué, il porte la main à sa nuque… Son catogan de métaleux a également refait son apparition ! Et, phénomène tout aussi inexplicable, les mots qu’il couche sur le papier sont les mêmes que ceux dont il s’était fendu à l’occasion de la sortie de la première, puis de la deuxième saison de La quatrième dimension en Blu-ray, sous les couleurs, à l’époque, d’Universal Pictures. L’éditeur ayant – faute de ventes suffisantes – abandonné la sortie de la série en Blu-ray à l’époque, c’est L’atelier d’images qui reprend aujourd’hui le flambeau, toujours en collaboration étroite avec Universal bien sûr.

 

 

Votre serviteur a beau lire et relire fébrilement son papier, rien n’y fait : les lectures successives ne font que l’amener au même et consternant constat : par une inexplicable distorsion du temps et de l’espace, il a écrit, comme dans un songe éveillé, exactement le même test, à plusieurs années – huit ans ! – de décalage l’un de l’autre :

« VF et VO sont proposées dans un DTS-HD Master Audio 2.0 mono d’origine d’une clarté irréprochable. Dans les deux cas, les dialogues sont clairs et les ambiances bien restituées, sans souffle ni aucun parasite d’aucune sorte. Bref, rien à redire niveau image et son, L’atelier d’images et Universal Pictures ont clairement fait le boulot, livrant aux innombrables inconditionnels de la série une présentation réellement optimale. »

 

 

Un coffret Blu-ray tout aussi grandiose et incontournable

[5/5]

Désorienté, hagard, le rédacteur se sent pris de vertiges. Il se remémore qu’au-delà des classiques notions d’espace, où l’homme projette ses pas, il est une dimension où peuvent se glisser, par les innombrables portes du temps, ses désirs les plus fous. Une zone où l’imagination vagabonde entre la science et la superstition, le réel et le fantastique, la crudité des faits et la matérialisation des fantasmes. Serait-ce possible ? Aurait-il mis un pied dans l’inextricable, dans l’inexplicable, dans l’inexpugnable ? C’est inexorable. Inextinguible était son désir de comprendre, de toucher du doigt les raisons qui lui permettraient d’éclaircir ce phénomène, ce retour en arrière aussi incompréhensible qu’inédit.

Une porte. Une porte se tenait sur sa droite, toute droite elle aussi, une porte entrebâillée, à quelques mètres à peine de l’endroit où il se trouvait. Une porte qui, dans son souvenir, n’était pas là cinq minutes auparavant. Une porte qui s’imposait comme la matérialisation de sa terreur grandissante. Une porte en bois. Avec une clinche. Une porte, quoi. Une porte blanche, à moins qu’elle ne soit noire, ou grise. Pas de couleurs. La vie était passée en noir et blanc. Il se retrouvait transporté dans une autre dimension. Une dimension inconnue de l’Homme. Une dimension faite non seulement de paysages et de sons, mais surtout d’esprits. Une dimension sans espace, ni temps, mais infinie. C’est un voyage dans une contrée dont la seule frontière est notre imagination. Un voyage dans les ténèbres. Un voyage au bout de la peur, aux tréfonds de nous-même. Un voyage dans la quatrième dimension…

Une porte donc. Une porte entrouverte d’où nous parviennent les accords d’une musique qui en ce lieu paraît irréelle. Est-ce… le côté obscur ? Contre toute attente, non. Juste une pièce ronde, plongée dans l’obscurité, au centre de laquelle est posé un coffret Blu-ray de l’intégrale de La quatrième dimension. Un étrange rai de lumière éclaire l’objet, qui s’impose comme une apparition fantomatique, semblant comme flotter au-dessus du sol. 21 Blu-ray + 1 DVD de bonus, le tout étant présenté dans un sublime coffret au cœur duquel on trouvera également un guide des épisodes (60 pages) ainsi qu’un livret de 20 pages écrit par Martin Winckler et Alain Carrazé, véritables sommités en la matière. VF et VOST sur les saisons 1, 2, 3 et 5, VOST uniquement sur la saison 4. L’épisode de la saison 5 « La rivière du hibou » pour la première fois en vidéo. L’émotion est intense, palpable. On est en présence d’un objet rare et précieux, sobre, compact et élégant, présentant des finitions parfaites. Le Graal pour les amateurs de séries TV autant que pour les fondus de science-fiction.

 

 

Lentement, comme si cette apparition pouvait se volatiliser aussi vite qu’elle était apparue, l’auteur de ces lignes s’approche du coffret, tend sa main, touche l’emballage cartonné du bout de ses doigts boudinés. Aussitôt, tout se brouille autour de lui, les murs tanguent, le sol remue et, lentement, les choses semblent retrouver leur cours normal. La paume posée sur la jambe nue de sa femme endormie, notre rédacteur regarde autour de lui. Sur l’écran de télévision, Rod Serling énonce la morale de l’épisode du jour, au cœur duquel un feignassou de rédacteur essayait de faire passer le recyclage éhonté d’un papier vieux de huit ans pour une expérience paranormale.

 

 

« Les bonus » s’écria-t-il, en silence – afin de ne pas réveiller sa belle endormie. « Il faut que je regarde les bonus ! » Mais ce qu’il ignorait jusqu’alors, c’est que ce sont littéralement des heures et des heures de bonus que l’éditeur nous propose au sein de ce riche coffret Blu-ray de l’intégrale de La quatrième dimension, répartis sur les cinq saisons du show. Universal Pictures et L’atelier d’images ont en effet pris le parti de reprendre l’intégralité des suppléments présents sur les éditions DVD, en y ajoutant quelques modules entièrement inédits. Commentaires audio en pagaille, interviews d’époque sur une très large sélection d’épisodes, conférences, documentaires, versions alternatives ou remakes… Des sujets le plus souvent relativement courts, mais solides et la plupart du temps passionnants. Le tout est bien sûr proposé en VOST. On ajoutera par ailleurs que tous les épisodes sont présentés avec leur teaser de l’épisode suivant, les spots TV de coupure et les sponsors… Que l’on peut choisir de visionner ou pas. N’ayant malheureusement pu disposer du temps nécessaire pour visionner les suppléments dans leur totalité, on vous renvoie vers le communiqué de l’éditeur :

Bonus saison 1 :

Version alternative non restaurée de l’épisode « Solitude » (26 minutes)

Interviews de Dana Dillaway (5 minutes), Suzanne Lloyd (10 minutes), Beverly Garland (7 minutes) et Ron Masak (5 minutes)

Épisode « Time Element » de la série Westinghouse Desilu Playhouse (pilote de la série) (55 minutes)

Commentaire audio de Marc Scott Zicree sur « Time Element »

Spot promotionnel de « Time Element » (2 minutes)

Interview de Georges Clemens (dir. photo) par Marc Scott Zicree (1978, audio, 38 minutes)

Emmy Awards : récompenses de la série (3 minutes)

Bonus saison 2 :

Générique alternatif de l’épisode « L’œil de l’admirateur » (1 minute)

2 photographies rares en couleur de l’épisode « L’œil de l’admirateur »

Claps d’épisodes

Remake de 1986 de l’épisode « Jeux d’ombres » (29 minutes)

Épisode « Nightmare at Ground Zero » de la série Suspense, écrit par Rod Serling (1953, 30 minutes)

Bonus saison 3 :

Fin alternative de l’épisode « Le joueur de billard » par Jonathan Winters (3 minutes)

Extrait du remake de 1989 de l’épisode « Le joueur de billard » (3 minutes)

Extrait du remake de 1985 de l’épisode « Les chaussures diaboliques » (3 minutes)

Interview d’Edson Stroll (7 minutes)

Extrait du Gary Moore Show : parodie (1961, 9 minutes)

Conversations avec Rod Serling – Partie 1 (8 minutes)

Bonus saison 4 :

Interviews de Morgan Brittany (7 minutes), Ann Francis (8 minutes), Paul Comis (8 minutes), John Furia Jr. (9 minutes)

Bêtisier de Rod Serling (1 minute)

Conversations avec Rod Serling – Partie 2 (13 minutes)

Bonus saison 5 :

Interviews de Billy Mumy (7 minutes), Richard Matheson (30 minutes), June Foray (12 minutes), Carolyn Kearney et George Clayton Johnson (10 minutes), George Clayton Johnson (19 minutes), Earl Hamner (28 minutes), Michael Forest et Earl Hamner (8 minutes), Terry Becker (6 minutes), Nancy Malone et Earl Hammer (9 minutes)

Conversations avec Rod Serling – Partie 3 (10 minutes)

DVD bonus :

Portrait de Rod Serling (1995, 1h26)

A la découverte de La quatrième dimension (2014, 29 minutes)

Émission « Tell It to Groucho », présentée par Groucho Marx, avec Rod Serling (1962, 15 minutes)

Interview de Rod Serling dans l’émission « Mike Wallace Interview » (20 minutes)

Clip promotionnel pour la Hollande par Rod Serling (4 minutes)

Conférence de Rod Serling au Sherwood Oaks College (galerie photos + audio, 12 minutes)

Clip promotionnel avec Alfred Hitchcock (2 minutes)

Archives personnelles de George Clayton Johnson (2 minutes)

 



Critique film

A lire aussi

Laisser un commentaire