Test Blu-ray : Channel Zero Saison 4 – The dream door


Test Blu-ray : Channel Zero Saison 4 – The dream door

 
 
États-Unis : 2018
Titre original : –
Création : Nick Antosca
Acteurs : Maria Sten, Brandon Scott, Steven Robertson
Éditeur : Elephant Films
Durée : 4h30 environ
Genre : Série TV, Horreur
Date de sortie DVD/BR : 18 décembre 2019

Certaines portes devraient rester fermées à tout jamais… Jillian et Tom Hodgson sont un jeune couple fraîchement marié. Bien qu’ils soient amis d’enfance, ils ont quelques secrets l’un pour l’autre. Alors qu’ils viennent d’emménager dans la maison où Tom a grandi, ils découvrent dans leur sous-sol une porte secrète qui n’était pas là auparavant. En essayant de l’ouvrir, ils vont faire émerger des secrets qui mettront en péril leur mariage puis leurs vies, en réveillant une entité démoniaque et sanglante…

 


 

La saison

[4/5]

Channel Zero est une série diffusée sur Syfy entre 2016 et 2018, dont les 24 épisodes prennent la forme de quatre saisons et quatre histoires indépendantes. Conçue sur le modèle très en vogue de « l’anthologie horrifique », la série créée et développée par Nick Antosca se base sur le phénomène des « creepypastas », c’est-à-dire les légendes urbaines diffusées sur Internet et largement relayées par les réseaux sociaux : parmi les creepypastas les plus célèbres, on note par exemple les récits tournant autour du « Slender Man », de « Momo », de « Sad Satan » ou du « Midnight Game ».

La quatrième – et dernière – saison de Channel Zero se nomme donc The dream door, et s’avère basée sur un creepypasta intitulé « I found a hidden door in my cellar, and I think I’ve made a big mistake ». Comme à leur habitude, Nick Antosca et ses auteurs ont pris le parti de « gonfler » l’histoire courte imaginée par Charlotte Bywater, connue de la communauté Reddit sous le pseudonyme de u/v0ids, en y ajoutant une dimension liée à la famille, et plus précisément aux secrets de famille, aux squelettes planqués dans le placard qui finissent toujours par ressurgir à un moment ou à un autre. Cette obsession pour les traumatismes familiaux du passé, couplée à une vision très originale du genre horrifique – à la fois extrêmement psychologique et versant volontiers dans le grand guignol le plus grotesque – est une des clés de la réussite du show, qu’on aurait franchement aimé voir se prolonger durant encore quelques saisons. D’autant que pour être honnête, la série créée par Nick Antosca n’a vraiment pas bénéficié du succès qu’elle aurait mérité.

Comme vous auriez pu le déduire de vous même, Channel Zero – The dream door parle d’une porte qui, on le comprendra assez rapidement, matérialise les souvenirs – et les angoisses – de son personnage principal, Jillian, incarnée par Maria Sten (Swamp thing). A ses côtés au casting, on trouvera également Brandon Scott, vu dans la saison précédente, l’excellent Steven Robertson, mais également Barbara Crampton (Re-Animator) ou Gregg Henry (Payback, Horribilis, Les gardiens de la galaxie) dans des rôles courts mais remarqués. Derrière la caméra, on retrouvera le brillant E.L. Katz, remarqué il y a quelques années avec le formidable Cheap thrills. Du beau monde donc, au service d’une intrigue nourrie de psychologies, de terreurs inconscientes et/ou enfantines, privilégiant à nouveau une approche de l’horreur lente, sinueuse mais ô combien efficace.

Difficile néanmoins d’évoquer la série sans se vautrer littéralement dans les [Spoilers]. On peut néanmoins révéler que ce que les personnages trouveront derrière la porte est différent de ce que l’on pouvait lire dans le creepypasta d’origine, et a rapport avec un des dessins d’enfance de l’héroïne, un clown contorsionniste nommé « Pretzel Jack ». On peut également signaler que le voisin du couple tiendra également un rôle déterminant dans l’histoire qui nous est contée. Et ce qui fait aussi le charme de Channel Zero – The dream door (comme des saisons précédentes d’ailleurs), c’est la façon dont Antosca et ses scénaristes laissent certains éléments du récit dans l’ombre ; des pistes sous-exploitées – on pense aux personnages incarnés par Gregg Henry et Barbara Crampton : on aurait aimé en savoir plus sur eux – de façon à laisser l’imagination du spectateur faire le reste… Comme dans les creepypastas dont la série s’inspire.

Mais n’en dévoilons pas trop. Sachez donc simplement que si cette quatrième saison s’avère, en termes d’impact, peut-être un poil moins puissante que la précédente, elle développe tout de même toujours une ambiance aussi glauque et oppressante, rythmée par des séquences-choc absolument tétanisantes et des passages tirant ouvertement vers le « gore » et le grand guignol. Le tout étant saupoudré de concepts psychanalytiques passionnants, mais ne venant pas parasiter la nature de divertissement horrifique de la série, qui n’a décidément pas volé sa réputation de série d’horreur la plus dérangeante jamais créée.

 

 

Le coffret Blu-ray

[4/5]

Comme dans le cas des trois saisons précédentes, c’est naturellement toujours Elephant Films qui continue de nous proposer Channel Zero – The dream door sur support Blu-ray. Et l’éditeur continue sur son excellente lancée : cette quatrième saison nous propose une image toujours d’aussi excellente qualité, avec un piqué précis, des couleurs au top et des contrastes toujours au taquet, même sur les scènes en basse lumière. Du très beau travail. Côté son, les possesseurs des trois premiers coffrets en ont également l’habitude : la version originale anglaise et la version française sont toutes deux proposées dans des mixages DTS-HD Master Audio 5.1 tout à fait bien pensés et très satisfaisants dans leur genre : agressifs et dynamiques quand il le faut, et déployant des basses absolument tonitruantes, surtout lors des passages les plus flippants de la saison : intensité et immersion sont donc plus que jamais au rendez-vous.

Dans la section suppléments, on trouvera sur le deuxième Blu-ray du coffret une présentation de la saison par François Cau, critique chez Mad Movies (3 minutes), qui considère cette dernière saison comme la synthèse parfaite de la série. En plus d’une sélection de bandes-annonces, on trouvera un toujours très intéressant livret de 24 pages, rédigé par Elvire Rémand, qu’il conviendra cependant de lire seulement après avoir vu la série tant il révèle des éléments clés de l’intrigue.

 



Critique film

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